Dragons d'un bayou perdu

À Mohrlextlan

Où il y a erreur sur la personne

Alors que Kang et ses alliés réfléchissaient à un moyen de lutter contre Allabar, les compagnons de Robann se concentraient plutôt sur la menace plus immédiate de la dernière aberration céleste sur Krynn: l’émissaire de Caiphon. De nombreux indices laissant penser que l’aberration avait réussi à posséder ou à remplacer le dragon noir Mohrlex, on commença à planifier une expédition dans le marais à l’est de Teyr.

Après une journée de voyage, le quintet arriva en vue du plateau où se trouvaient l’ancien colisée en ruines qui servait maintenant de palais à Mohrlex. Au pied du plateau, les deux villages de serviteurs du dragon, une tribu d’humains et une de bakalis, étaient sensiblement dans le même état que lorsqu’on les avait visités quatre ans auparavant.

L’accueil initial fut plutôt froid, voire même hostile, mais les tensions diminuèrent quand les compagnons furent reconnus comme ceux qui avaient aidé Mohrlex contre les aberrations quelques années plus tôt. S’il fut facile d’obtenir l’information comme quoi le seigneur des lieux était revenu d’un long voyage depuis une dizaine de jour, nombreux furent les barbares qui mirent en garde les compagnons à l’effet que Mohrlex s’était isolé dans son palais et qu’il avait ordonne de n’être dérangé sous aucun prétexte et sous peine de mort.

Il n’en fallait pas plus pour que les compagnons, pris d’inquiétude, se ruent au sommet du plateau, vers la porte d’entrée de l’ancien colisée. Devant celle-ci, deux magiciens hommes-lézards montaient la garde en compagnie d’un groupe de morts-vivants, ce qui était nouveau à Mohrlextlan. Prêts à dialoguer, mais également prêts à tirer sur quiconque s’approcherait de la porte, les sorciers répétèrent l’avertissement de Mohrlex. Au mieux de leur connaissance, le dragon était en train de réaliser un rituel qui ne pouvait souffrir d’aucune interruption.

Jugeant que de se prendre en combat contre les gardiens risquait de sonner l’alarme et de les affaiblir inutilement avant le probable combat contre Mohrlex, les compagnons essayèrent plutôt de trouver une autre entrée. À l’arrière du bâtiment, l’ancienne cour intérieure était inchangée, sauf pour la fontaine sacrée qui, comme celles de Zaradene et du Château du Mur de glace, était maintenant à sec.

En cherchant longuement malgré les gardes et les morts-vivants qui patrouillaient également de ce côté, les compagnons trouvèrent une deuxième entrée possible vers l’intérieur des ruines. L’issue était évidemment barricadée et scellée par magie, mais les membres du groupe réussirent à l’ouvrir en mettant leurs efforts en commun. Suivant ensuite les auras de magie et les sons d’incantation, les compagnons naviguèrent le labyrinthe des catacombes jusqu’à arriver à un escalier menant encore plus bas.

Le pied de cet escalier était couvert de pièces d’acier, de bijoux et d’autres richesses, mais ce qui frappa le plus les compagnons fut de voir Mohrlex en forme humaine réciter un rituel entouré de quatre bâtons magiques et, plus loin, de quatre bassins miroitant comme les fontaines sacrées d’Habbakuk l’avaient fait. Le rituel fut reconnu comme le rituel d’Ubiquité, celui-là même qui permettait à quelqu’un de se retrouver à plusieurs endroit en même temps. Si le prix à payer se comptait en années de vie, pour un dragon dont l’espérance se compte théoriquement en millénaires et pour qui la puissance augmente avec l’âge, l’effet serait phénoménal.

Alors que les compagnons croyaient avoir étés jusque là ignorés par Mohrlex, celui-ci profita d’une pause dans les composantes verbales du rituel pour se retourner sur place et leur adresser la parole. Plusieurs fois, il les invectiva de partir, leur assurant que ce qu’il faisait était pour le plus grand bien d’Ansalon. On sentait bien que la seule raison pour laquelle le dragon n’attaquait pas directement était pour ne pas avoir à recommencer le rituel depuis le début.

Les compagnons ne réussirent pas à détecter la présence d’une aberration, l’attitude de Mohrlex, arrogante même pour un dragon, laissait planer un doute. Avant que ce dernier n’ait la chance de prendre la forme draconique, les héros de Robann foncèrent vers lui, utilisant leurs techniques de combat les plus fortes pour empêcher Mohrlex d’agir. Après avoir reçu quelques volées de coups, Mohrlex prit enfin sa forme draconique de six mètres de haut, couvrant la caverne de ténèbres et les compagnons de jets d’acide. Le combat devenait beaucoup plus équilibré, mais les compagnons avaient déjà une longueur d’avance et ils réussirent à faire perdre conscience au dragon.

Une nouvelle analyse confirma qu’il n’y avait pas la moindre trace de corruption aberrante sur Mohrlex. Pourtant, les divinations sur Caiphon avait bel et bien montré le dragon en forme humaine en train de préparer un rituel. C’est en fouillant dans les richesses de Mohrlex que quelqu’un trouva un passage secret scellé. De construction récente et peut-être utilisé une seule fois, il menait encore plus profondément sous les ruines.

Au plus profond de Mohrlextlan attendaient quatre créatures. Une ressemblait à une parodie d’un ange, une autre à celle d’un diable ou d’un démon, la troisième avait l’air d’un grand élémentaire de néant et la dernière n’était nul autre que la forme humaine de Mohrlex. Au plafond, quatre gouttières connectées sous les bassins de l’étage supérieur amenaient goutte à goutte le liquide sacré vers une sphère d’énergie multicolore qui grossissait peu à peu.

Se doutant de ce qui se passait, les compagnons provoquèrent le clone de Mohrlex jusqu’à ce qu’il avoue être l’émissaire de Caiphon. Se prenant pour l’égal des dieux vus les êtres qu’il avait déjà réussi à créer, il ordonna à ses monstres de passer à l’attaque. Face à autant d’opposants, les compagnons ne purent plus empêcher tout le monde d’agir mais, se prenant aux ennemis un par un, ils réussirent à se rendre à Caiphon et à en venir à bout.

Après avoir réalisé le rituel pour bannir Caiphon vers les étoiles à nouveau, le groupe retourna au premier sous-sol, où Mohrlex commençait à se réveiller. Humilié d’avoir été vaincu par cinq petits humanoïdes et frustré d’avoir à recommencer son rituel, il retint néanmoins sa colère, la chose à faire pour un être bon, et accepta les excuses des compagnons. Morhlex accepta même de prêter quelques objets magiques parmi les plus puissants qu’il possédait et de se rendre à Teyr avec eux pour prendre part à la coalition montée par Kang dans le but de venir à bout d’Allabar.

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