Dragons d'un bayou perdu

Le dernier envol

Où on s'élance vers les cieux

Plusieurs mois après la visite dans la tombe de Fistandantilus, les cinq gigantesques golems de métal construits pour être envoyés combattre Allabar dans les cieux étaient enfin prêts à faire ce pour quoi on avait investi des centaines de milliers de pièces d’acier. Il n’était pas trop tôt, puisque la conjonction des trois lunes d’Ansalon permettant à Celui qui ouvre la voie de ressusciter toutes les aberrations célestes ayant causé tant de problèmes au cours des dernières années était prévue pour dans dix jours à peine.

Dalamar le Sombre était prêt à réaliser le rituel permettant de sceller dans des pierres l’essence des compagnons de Robann et de permettre à ces derniers de contrôler les golems de l’intérieur. Le principal problème est qu’il manquait encore deux magiciens divins assez puissants pour que ces constructions puissent quitter le sol, aller combattre Allabar à seulement trois relevant fort probablement du suicide.

Arkos apportant une partie de la solution en présentant aux autres une femme humaine dont l’apparence et les manières laissaient douter de la santé mentale. Cabiyari la reconnut presqu’immédiatement comme Nadège, la guenaude adepte de Zeboim qui avait autrefois mis les compagnons à l’épreuve pour leur montrer à quel point ils servaient sa déesse. Malgré les doutes de chacun, elle assura qu’elle avait à cœur la réussite de la mission à venir.

On multiplia les appels et les messages pour trouver le prêtre, druide ou mystique manquant, mais la solution arriva d’elle-même. À quelques centaines de mètres du chantier des golems apparut soudainement un immense démon entouré d’un essaim de diables en armure. Sur une épaule du plus grand se tenait Kara Sivert, l’autre supportant le mât d’un grand drapeau blanc. Des membres de plusieurs des factions présentes, nains, chevaliers solamniques et cavaliers de Nordmaar, notamment, se préparèrent à charger les intrus, mais Cabiyari et Azzit Kas se pressèrent de les raisonner tandis qu’Arkos, Alexias et Kelsea allaient leur barrer la route. Tout comme Nadège, il semblait que Kara soit venue se porter volontaire pour aider à vaincre Allabar, au vu et au su des autorités de Neraka, mais sans leur autorisations.

Les nouvelles venues formées sur ce qu’on attendait d’elles, les dix mages allèrent prendre place dans les golems de 10 mètres de haut. Dalamar commença ensuite le rituel qui permettrait aux âmes des cinq héros de Teyr de prendre possession des constructions. Alors que le rituel tirait à sa fin, Alexias, qui surveillait consciencieusement l’elfe noir pour s’assurer qu’il s’en tenait à ce qui avait été prévu, décela une aura d’illusion juste derrière Dalamar. Ayant averti Cabiyari, le druide fit apparaître Thulzar, la liche bannie dans le plan des aberrations par Dalamar des dizaines d’années auparavant. Il tenait une dague visiblement magique qu’Il s’apprêtait à planter dans le dos du mage concentré sur son rituel.

Grâce aux talents de coordonnateur d’Azzit, les héros purent agir avant qu’il ne soit trop tard et éloigner la liche de Dalamar. Alors qu’Alexias s’apprêtait à séparer la tête de Thulzar du reste de son corps, l’elfe demande qu’on lui laisse le coup de grâce, et il en profita pour piéger l’âme du warlock dans une des gemmes du crâne de Fistandantilus.

Alors que Dalamar allait chercher d’autres composantes alchimiques pour reprendre le rituel, le chantier fut de nouveau interrompu par un groupe d’aberrations venues s’assurer que le plan ne se réalise jamais, ou du moins pas avant une dizaine de jours. Le trio mené par une espèce d’hybride entre un ange et un diable disait agir pour s’assurer qu’Allabar puisse ramener leur maître et ses frères à la vie. Bien qu’on n’en ait pas eu la certitude, il semblerait qu’Il se soir agi d’autres des créatures de Caiphon. Quoi qu’il en soit, les trois ensemble étaient environ aussi forts que Caiphon lui-même. Un en particulier eut la chance de frapper Alexias d’Un coup critique deux fois de suite. Voyant le légionnaire s’effondrer sur le sol, le monstre puisa dans ses réserves d’énergie pour l’achever à grand coup de faux. Alors que Cabiyari se précipitait pour aller sauver in extremis son compagnon, Alexias se releva, se transformant en un grand dragon bleu de la taille de Jolt. Le dragon se battait avec les mêmes techniques qu’Alexias et, après le combat, ce dernier repris sa forme humaine, à l’article de la mort, mais toujours capable de tenir debout.

Revenu trop tard pour avoir pu aider au combat, Dalamar ordonna qu’on termine le rituel sur le champ avant qu’une autre interruption ne survienne. Laissant à peine le temps aux compagnons de reprendre leur souffle et de panser leurs plaies, il sortit à nouveau le crâne de Fistandantilus et le pointa tout à tour sur chacun des compagnons. Essayant de ne pas résister, les cinq se retrouvèrent piégé chacun dans une prison de cristal plongée dans les ténèbres.

Le supplice sembla durer plusieurs heures mais, éventuellement, la lumière commença à revenir. Autour de chacun des aventuriers se trouvaient quatre statues de taille humaine semblables aux golems géants. Tout autour, des dizaines d’humains, de draconiens et d’autres humanoïdes minuscules se pressaient pour observer. Le rituel de Dalamar avait fonctionné : les âmes des compagnons avaient bel et bien pris possession des golems.

Il fallut quelques heures de plus pour qu’un d’entre eux parvienne à faire bouger les membres de l’automate et au moins autant avant que quiconque soit capable de se déplacer avec un minimum d’adresse. Peu de temps après, les forteresses humanoïdes prenaient leur envol, alimentées par les mages à l’intérieur, et filaient droit vers la position calculée d’Allabar.

Bien avant d’avoir quitté l’atmosphère, les cinq golems furent assaillis par des centaines de monstres semblant venir d’en haut. Aussi différentes de difformes, aucune de ces dréatures ne posait vraiment de menace aux forteresses à elle seule, mais le lot d’entre elles aurait bien pu réussir à faire s’écraser les vaisseaux vers le sol. Alors que les compagnons prenaient peu à peu possession de leurs moyens, un vol de dragons de bronze et d’argent, menés par Willem Uth Wyatt arriva pour dégager le chemin. Ils furent rejoints par deux dragons bleus. Les deux beaucoup plus petits que les golems, il s’agissait pourtant de Jolt et de sa mère Corail. Un autre dragon, faisant cette fois près de la moitié de la taille des constructions, surgit des nuages pour ne faire qu’une bouchée des monstres devant lui. Mohrlex laissait ainsi le champ libre aux cinq héros.

Après avoir continué leur ascension jusqu’au point où le froid et le manque d’oxygène serait fatals pour n’Importe quelle créature vivante, les combattants se dirigèrent dans la direction générale des lunes Solinari et Lunitari. En chemin, il fallut traverser un champ d’astéroïdes de lusieurs kilomètres de large. Toujours aux aguêts, Arkos alerta à temps ses alliés de la présence de trois autres monstres cachés entre les rochers. Il s’agissait encore une fois de créatures différentes de tout ce qui avait vu sur Krynn auparavant. Entre un monstre ultra rapide aux membres tranchants comme des lames, une sphère drainant les capacités mentales des gens autour d’elle et un gargantuesque fauve translucide capable de faire des bonds dans le temps, les compagnons durent utiliser une grande portion de leur ressources simplement pour survivre contre ce qui semblait être la garde rapprochée d’Allabar.

Après le combat, les compagnons se posèrent sur le plus gros astéroïde en vue pour souffler un peu et repenser leur stratégie. Azzit en était même à estimer le temps qu’il faudrait pour revenir au sol, se reposer et retourner combattre Allabar. Après tout, si les gardiens avaient presque réussi à vaincre les compagnons, comment pouvait-on espérer celui qui les avait créés?

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Borris

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