Dragons d'un bayou perdu

Retour à la tombe des horreurs
Où on rend visite à un vieil ami

Suite à la défaite de l’émissaire de Caiphon à Mohrlextlan, des forces de partout sur Ansolon se réunirent aux alentours de la ville de Teyr. Aux forces de Teyr et de Solamnie et aux membres de la Légion d’Acier s’ajouta Mohrlex lui-même, entouré d’une petite délégation de bakalis et de gnomes de Picketville. Les nomades de Nordmaar mirent de côté leur haine des draconiens pour venir eux aussi en renforts.

Ce fut ensuite au tour de l’Abanassinie, puis des royaumes nains de Thorbardin et Thoradin, ainsi que des gnomes du Mont Nevermind d’envoyer des supports. Alhana Starbreeze se fit la porte-parole des elfes d’Ansalon et la marine marchande d’Ergoth dépêcha elle aussi un détachement de soldats.

À la grande surprise de tous ceux présents, les gobelins des Monts Astivar envoyèrent eux aussi une importante délégation portant armes et armures anciennes pour ceux qui iraient combattre Allabar. Même l’empire des minotaures, alerté par les soins de Khayr de-Aldin, envoya deux vaisseaux jeter l’ancre dans le Miremier.

Parmi les peuples importants de Krynn, seuls les ogres, les kenders et les chevaliers de Neraka n’étaient pas représentés.

Au fil des mois suivants, les nains, les gnomes et les draconiens mirent leurs talents de bâtisseurs en commun de façon inédite pour construire, sous la supervision des mages de l’Ordre de haute sorcellerie, cinq golems de pierre de près de dix mètres de haut. Conçus à la manière des forteresses volantes de jadis, ces constructions étaient creuses et devaient permettre à un des compagnons de Robann de les contrôler de l’intérieur.

Deux problèmes demeuraient cependant. D’abord, comme les anciennes forteresses volantes, celles nouvellement construites avaient besoin de deux magiciens puissants, un mage arcane et d’un prêtre divin, simplement pour réussir à quitter le sol. Même avec leur aide, le succès de la mission n’était pas assuré et une réussite ne voulait pas dire non plus que les héros parviendraient à revenir en vie sur Krynn.

Malgré les dangers, Jenn Eigersonn et Tomas Bombyx se portèrent immédiatement volontaires. Il en alla de même pour Nigel, le gnome artificier qui commençait à maîtriser la nature des explosions. Trouver le reste s’avéra plus difficile. Plusieurs, comme Leona Truly, Thesik ou les membres du conclave de haute sorcellerie invoquèrent, à tort ou à raison, les lourdes responsabilités de leurs postes, qu’ils ne pouvaient se permettre d’abandonner.

Au prix de quelques semaines de voyage et de négociation à travers le continent, on réussit tout de même à recruter des magiciens compétents et volontaires. Raggart le jeune, barde du peuple des glaces était prêt à risquer sa vie, tout comme Moraine Gravel, compagne d’armes d’Alhana Starbreeze. Malgré son attachement à sa femme et ses filles, Valantinius était lui aussi prêt à aller de l’avant pour leur assurer un meilleur avenir.

Une escale à Kalaman permit de dénicher deux autres candidats. Nicholas Viklaus accepta de de suivre les compagnons en échange d’une promesse d’effort conjoint Solamnie et Teyr contre les forces de Neraka.Jennetta Aurrafil se laissa aussi convaincre en échange d’un montant de 100 000 pièces d’acier qu’elle plaçait en fiducie au cas où elle ne devait pas revenir.

Il restait encore eux magiciens à trouver, mais il fallait d’abord s’attaquer au deuxième problème. Pour permettre à quelqu’un de prendre pleinement possession d’un des golems et de le contrôler à sa guise, il ne fallait pas moins que l’extraction de son âme et son confinement dans un focus matériel, or le seul à avoir jamais réussi un tel exploit était le mage noir Fistandantilus. Silver Claw avait déjà envoyé une équipe de mercenaires expérimentés vers la tombe des horreurs, mais aucun n’en était ressorti.

À contrecœur, les cinq compagnons retournèrent donc dans la ruine où Alexias avait jadis failli perdre la vie. Bien que des années se soient écoulées depuis leur dernière visite, les compagnons n’avaient pas oublié ce lieu sinistre rempli de pièges mortels. Étrangement, tous les pièges avaient été réinitialisés et tous les monstres vaincus avaient été remplacés par des créatures identiques ou du moins semblables.

La majeure partie du donjon fut traversée sans encombre, à l’exception de la chapelle macabre où Arkos eut la mauvaise idée de traverser une arche remplie de fumée que personne n’avait osé toucher la première fois. Il en ressortit une minotaure femelle portant l’équipement d’Arkos et chargeant aveuglément le reste du groupe. La rage meurtrière se dissipa éventuellement et, bien qu’Arkos voyait certains avantages à sa nouvelle apparence, il fonça de nouveau vers l’arche dans le but de renverser les effets. Il retrouva sa véritable forme, mais toutes ses possessions disparurent en même temps.

Après cet interlude désagréable, le groupe retrouva un passage secret dans lequel Kelsea dut se départir d’un anneau magique afin de progresser. Après avoir traversé la chambre aux potions, celle aux tapisseries et les corridors patrouillés par le mammouth de marbre, les compagnons se retrouvèrent dans la salle aux colonnes, La voleuse y retrouva une pierre de souhait identique à celle ramassés lors de la première visite et la ramassa aussitôt.

Quelques minutes plus tard, le quintet se trouvait dans la chambre secrète où on avait combattu la fausse liche capable de capturer les âmes. Le crâne se trouvait toujours au fond de la pièce, entouré de richesses variées comprenant les possessions d’Arkos. Quand on tenta d’attaquer le monstre, cependant, la créature disparut et la pièce se retourna dans tous les sens. Après avoir lutté pour sortir, les aventuriers se retrouvèrent dans une version inversée du la tombe des horreurs où les plafonds étaient devenus les planchers.

Dans ce second donjon, les pièges avaient redoublé en puissance et de nouvelles créatures avaient fait leur apparition. Les diables contraints par Fistandatilus à entretenir le donjon pouvaient ici prendre forme matérielle et s’attaquer physiquement aux intrus. Cinq grands diables et leurs larbins plus chétifs donnèrent du fil à retordre aux compagnons, mais Cabiyari invoqua la magie primale la plus puissante qu’il contrôlait pour les clouer au sol et les empêcher de se relever.

Plus loin, dans ce qui était l’équivalent inversé de la chapelle macabre, des créatures humanoïdes aveugles, parodies des premiers humains créés il y a des millénaires par Gilean et les dieux de la neutralité, tentèrent aussi de se débarrasser du groupe. Avec toujours plus d’un tour dans leur sac, les cinq guerriers parvinrent à mettre les êtres abandonnés hors d’état de nuire. Pour des raisons évidentes, personne n’osa toucher à l’arche remplie de brouillard bleu qui se laissait désirer dans un coin de la pièce.

De fil en aiguille, le groupe évita encore quelques pièges pour se rendre jusqu’à ce qui correspondait au hall d’entrée de la tombe. La sortie du tunnel donnait sur un espace complètement noir, comme un ciel de nuit sans lune ni étoile. De ce néant émergea un crâne flottant comme celui qu’avaient combattu les aventuriers autrefois. Contrairement à la dernière fois, Cabiyari décelait une grande intelligence. De même, la chose émettait encore une aura nécrotique, mais celle-là ne semblait rien avoir d’artificiel.

Dans les pierres faisant office d’yeux et de dents au crâne, six silhouettes correspondant à la description des agents de la Légion envoyés par Silverclaw. La créature, qu’on supposait être la véritable liche de Fistandantilus, passa rapidement à l’attaque en envoyant un mélange de rayons nécrotiques et de malédictions destinées à aspirer les âmes de ses victimes. Le simple fait de se rendre en mêlée avec le mort-vivant était périlleux compte tenu des multiples pièges qui ornaient encore le sol du corridor. Pire encore, à deux reprises, Fistandantilus absorba une des âmes en sa possession pour se guérir de ses blessures ou pour livrer une puissante décharge d’énergie. Plus d’une fois, un des compagnons sentit son âme commencer à se faire arracher, mais la présence d’esprit d’Azzit fit en sorte que personne ne succomba à la malédiction jusqu’au bout.

En corps-à-corps avec le crâne de Fistandantilus, malgré le sentiment de terreur qu’il suscitait à courte portée, les alliés réussir à le briser contre un mur et à retraverser le donjon avec leur trophée en main. Une fois remis à Dalamar, l’elfe noir devait théoriquement être capable de s’en servir pour enchasser les âmes des compagnons à l’Intérieur des golems et leur permettre d’aller combattre Allabar.

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À Mohrlextlan
Où il y a erreur sur la personne

Alors que Kang et ses alliés réfléchissaient à un moyen de lutter contre Allabar, les compagnons de Robann se concentraient plutôt sur la menace plus immédiate de la dernière aberration céleste sur Krynn: l’émissaire de Caiphon. De nombreux indices laissant penser que l’aberration avait réussi à posséder ou à remplacer le dragon noir Mohrlex, on commença à planifier une expédition dans le marais à l’est de Teyr.

Après une journée de voyage, le quintet arriva en vue du plateau où se trouvaient l’ancien colisée en ruines qui servait maintenant de palais à Mohrlex. Au pied du plateau, les deux villages de serviteurs du dragon, une tribu d’humains et une de bakalis, étaient sensiblement dans le même état que lorsqu’on les avait visités quatre ans auparavant.

L’accueil initial fut plutôt froid, voire même hostile, mais les tensions diminuèrent quand les compagnons furent reconnus comme ceux qui avaient aidé Mohrlex contre les aberrations quelques années plus tôt. S’il fut facile d’obtenir l’information comme quoi le seigneur des lieux était revenu d’un long voyage depuis une dizaine de jour, nombreux furent les barbares qui mirent en garde les compagnons à l’effet que Mohrlex s’était isolé dans son palais et qu’il avait ordonne de n’être dérangé sous aucun prétexte et sous peine de mort.

Il n’en fallait pas plus pour que les compagnons, pris d’inquiétude, se ruent au sommet du plateau, vers la porte d’entrée de l’ancien colisée. Devant celle-ci, deux magiciens hommes-lézards montaient la garde en compagnie d’un groupe de morts-vivants, ce qui était nouveau à Mohrlextlan. Prêts à dialoguer, mais également prêts à tirer sur quiconque s’approcherait de la porte, les sorciers répétèrent l’avertissement de Mohrlex. Au mieux de leur connaissance, le dragon était en train de réaliser un rituel qui ne pouvait souffrir d’aucune interruption.

Jugeant que de se prendre en combat contre les gardiens risquait de sonner l’alarme et de les affaiblir inutilement avant le probable combat contre Mohrlex, les compagnons essayèrent plutôt de trouver une autre entrée. À l’arrière du bâtiment, l’ancienne cour intérieure était inchangée, sauf pour la fontaine sacrée qui, comme celles de Zaradene et du Château du Mur de glace, était maintenant à sec.

En cherchant longuement malgré les gardes et les morts-vivants qui patrouillaient également de ce côté, les compagnons trouvèrent une deuxième entrée possible vers l’intérieur des ruines. L’issue était évidemment barricadée et scellée par magie, mais les membres du groupe réussirent à l’ouvrir en mettant leurs efforts en commun. Suivant ensuite les auras de magie et les sons d’incantation, les compagnons naviguèrent le labyrinthe des catacombes jusqu’à arriver à un escalier menant encore plus bas.

Le pied de cet escalier était couvert de pièces d’acier, de bijoux et d’autres richesses, mais ce qui frappa le plus les compagnons fut de voir Mohrlex en forme humaine réciter un rituel entouré de quatre bâtons magiques et, plus loin, de quatre bassins miroitant comme les fontaines sacrées d’Habbakuk l’avaient fait. Le rituel fut reconnu comme le rituel d’Ubiquité, celui-là même qui permettait à quelqu’un de se retrouver à plusieurs endroit en même temps. Si le prix à payer se comptait en années de vie, pour un dragon dont l’espérance se compte théoriquement en millénaires et pour qui la puissance augmente avec l’âge, l’effet serait phénoménal.

Alors que les compagnons croyaient avoir étés jusque là ignorés par Mohrlex, celui-ci profita d’une pause dans les composantes verbales du rituel pour se retourner sur place et leur adresser la parole. Plusieurs fois, il les invectiva de partir, leur assurant que ce qu’il faisait était pour le plus grand bien d’Ansalon. On sentait bien que la seule raison pour laquelle le dragon n’attaquait pas directement était pour ne pas avoir à recommencer le rituel depuis le début.

Les compagnons ne réussirent pas à détecter la présence d’une aberration, l’attitude de Mohrlex, arrogante même pour un dragon, laissait planer un doute. Avant que ce dernier n’ait la chance de prendre la forme draconique, les héros de Robann foncèrent vers lui, utilisant leurs techniques de combat les plus fortes pour empêcher Mohrlex d’agir. Après avoir reçu quelques volées de coups, Mohrlex prit enfin sa forme draconique de six mètres de haut, couvrant la caverne de ténèbres et les compagnons de jets d’acide. Le combat devenait beaucoup plus équilibré, mais les compagnons avaient déjà une longueur d’avance et ils réussirent à faire perdre conscience au dragon.

Une nouvelle analyse confirma qu’il n’y avait pas la moindre trace de corruption aberrante sur Mohrlex. Pourtant, les divinations sur Caiphon avait bel et bien montré le dragon en forme humaine en train de préparer un rituel. C’est en fouillant dans les richesses de Mohrlex que quelqu’un trouva un passage secret scellé. De construction récente et peut-être utilisé une seule fois, il menait encore plus profondément sous les ruines.

Au plus profond de Mohrlextlan attendaient quatre créatures. Une ressemblait à une parodie d’un ange, une autre à celle d’un diable ou d’un démon, la troisième avait l’air d’un grand élémentaire de néant et la dernière n’était nul autre que la forme humaine de Mohrlex. Au plafond, quatre gouttières connectées sous les bassins de l’étage supérieur amenaient goutte à goutte le liquide sacré vers une sphère d’énergie multicolore qui grossissait peu à peu.

Se doutant de ce qui se passait, les compagnons provoquèrent le clone de Mohrlex jusqu’à ce qu’il avoue être l’émissaire de Caiphon. Se prenant pour l’égal des dieux vus les êtres qu’il avait déjà réussi à créer, il ordonna à ses monstres de passer à l’attaque. Face à autant d’opposants, les compagnons ne purent plus empêcher tout le monde d’agir mais, se prenant aux ennemis un par un, ils réussirent à se rendre à Caiphon et à en venir à bout.

Après avoir réalisé le rituel pour bannir Caiphon vers les étoiles à nouveau, le groupe retourna au premier sous-sol, où Mohrlex commençait à se réveiller. Humilié d’avoir été vaincu par cinq petits humanoïdes et frustré d’avoir à recommencer son rituel, il retint néanmoins sa colère, la chose à faire pour un être bon, et accepta les excuses des compagnons. Morhlex accepta même de prêter quelques objets magiques parmi les plus puissants qu’il possédait et de se rendre à Teyr avec eux pour prendre part à la coalition montée par Kang dans le but de venir à bout d’Allabar.

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Préparatifs extraordinaires

Alors que les compagnons se préparaient à aller confronter le dragon noir Mohrlex sur son territoire, Azzit reçu à Robann une convocation du ministre de l’information Granak Rouge-Argent l’invitant à se rendre à Teyr avec tous ses compagnons le plus tôt possible. Se doutant que le ministre pourrait être utile dans la planification en cours, le groupe s’y rendit le lendemain.

Une fois rendus au rendez-vous, les compagnons réalisèrent qu’ils avaient été invités à une rencontre au sommet comportant plusieurs des acteurs civils et militaires les plus importants de Teyr, dont le gouverneur Kang, le général Slith, Thesik et plusieurs autres.

Kang et ses plus proches collaborateurs avaient passé les dernières semaines à réfléchir à la façon de détruire la sphère de roche d’un kilomètre de large qu’on nommait Allabar. Selon les paroles de la liche Thulzar, Allabar était à la fois un astre céleste et son propre avatar, ce qui faisait qu’il pouvait facilement détruire ou dévorer tout ce qui s’approchait de lui. Le problème premier restait tout de fois de parvenir à se rendre jusqu’à Allabar. Selon les recherches les plus poussées des sages de Palanthas et des gnomes de Sancrist, il ne reste plus d’air passé une certaine altitude, empêchant quiconque de survivre jusque là.

C’est là que Kang révéla la carte maîtresse sur laquelle il travaillait depuis des années. La forteresse du Château Aerie, au poinr de rencontre du flanc est des Monts Astivar et de la Route d’Haeckel serait en fait une ancienne forteresse volante que les ingénieurs et arcanistes de Teyr s’affairaient à remettre en usage. Si Alexias fit écho aux préoccupations du gouverneur en suspectant que le simple fait de faire voler un tel engin de guerre pourrait suffire à faire liguer plusieurs nations contre Teyr, il n’en restait pas moins qu’une forteresse hermétique équipée de canons magiques et alchimiques pourrait permettre à un équipage de s’attaquer réellement à Allabar. Le plan était embryonnaire. mais tout le monde s’accorda pour dire qu’il s’agissait de la meilleure option jusqu’à présent.

Idéalement, il faudrait plusieurs de ces forteresses, peut-être même une pour chacun des des cinq compagnons ayant combattu les aberrations célestes toutes ces années, mais chacun de ces vaisseaux nécessitait un mage et un prêtre puissants se concentrant sans relâche simplement pour faire se déplacer l’engin. Si le nombre de candidats potentiels était déjà relativement limité, les choses se gâchaient lorsqu’on considérait ceux qui accepteraient de se porter volontaire pour une mission avec une forte probabilité de non-retour, ou bien qu’on pouvait se permettre de porter volontaire. Kang s’excusa presque de ne pas être qualifié dû à son titre de gouverneur de Teyr.

Il fallait aussi débloquer les ressources et la main-d’œuvre nécessaires pour fabriquer autant d’ouvrage colossaux en seulement une année. Là, Teyr ne suffirait clairement pas. Heureusement, les récents développements du côté de l’empereur Jaymes Markham ouvraient la porte à une entente avec la Solamnie et peut-être même d’autres nations. Cabiyari suggéra de faire appel aux nains de Thorbardin et Thoradin, eux qui sont spécialistes en fabrication de golems, pour aider à la construction des forteresses. Même la participation de gnomes ne fut pas exclue d’emblée.

Kelsea et Arkos suggérèrent de leur côté de passer par un autre plan pour réapparaître aux côtés d’Allabar dans le but d’empêcher qu’il ne voie venir les vaisseaux plusieurs minutes à l’avance. Si on se perdait en conjecture sur comment réussir à faire passer un immeuble de plusieurs étages d’un plan à un autre, la suggestion fut quand même appréciée.

Kang affirma qu’il se chargeait personnellement de rassembler une coalition de nations et d’organisations dans le but d’arriver à la destruction définitive d’Allabar dans un délai de moins d’un an. Dans l’immédiat, les compagnons étaient cependant chargé de retrouver et d’éliminer l’émissaire de Caiphon, qui ferait sûrement tout en son pouvoir pour mettre en échec une telle entreprise. La guerre contre les cieux était loin d’être gagnée, mais un plan clair commençait à se dessiner.

Slith profita en outre le l’occasion pour promouvoir Azzit au rang de colonel de l’armée de Teyr. Le titre était essentiellement honorifique, l’officier n’ayant aucun soldat directement sous ses ordres, mais il lui donnait tout de même l’autorité sur tout officier de l’armée de Teyr de grade inférieur.

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Mutations extrêmes
Où on visite le royaume des animaux

Quelques semaines après avoir vaincu les serpents de Nihal et libéré les gens que l’aberration avait pris en otage, les aventuriers de Robann étaient toujours sans nouvelles de l’émissaire de Caiphon. Celui-ci était la dernière des six aberrations célestes tombées sur Krynn trois ans auparavant et le fait qu’il soit responsable de la transformation en monstres de plusieurs amis de Kelsea et d’Arkos, ainsi que des parents de ce dernier, donnait une raison supplémentaire aux compagnons de vouloir s’en débarrasser.

Il restait encore un peu plus d’un an avant qu’Allabar ne puisse ramener à la vie tous les monstres stellaires éliminés jusqu’à maintenant. Le plan idéal restait toujours de détruire Allabar d’ici là ou du moins de le mettre hors d’état d’agir, mais la menace de Caiphon se faisait beaucoup plus pressante.

Sans la moindre piste malgré plusieurs semaines de recherche et de réflexion, le groupe décida de se tourner vers la seule personne connue comme ayant directement rencontré l’émissaire de Caiphon, soit le demi-diable Menelechtaros. Il avait été vu pour la dernière fois dans les ruines du Château du Mur de glace, où il se servait de ses pouvoirs diaboliques et des enseignements reçus de Caiphon pour augmenter la force, la taille et l’intelligence de loups antarctiques Ses loups menaçant sérieusement la sécurité des barbares du peuple des glaces et le cambion manifestant un inquiétant désir de conquête, on l’avait alors convaincu de quitter la région pour s’installer dans un endroit encore plus isolé.

Une divination effectuée à partir du val caché des dieux quelques mois plus tôt avait révélé que Menelechtaros avait recommencé le même manège dans un marais, cette fois avec des reptiles géants plutôt qu’avec des loups. La piste était mince et, même si Cabiyari était parvenu à limiter les régions potentielles au sud d’Estwilde et au marais de l’ancien seigneur draconique Onysablet, la zone restante faisait encore plus du double d’une nation moyenne. Une rituel réalisé par Alexias confirma que le cambion était toujours en vie et quelque part sur Krynn, mais Menelechtaros avait fait savoir clairement qu’il n’était pas disposé à être dérangé ou à rencontrer qui que ce soit pour le moment.

Alexias fit donc jouer ses contacts au sein des chevaliers de la Légion d’Acier et Azzit fit la même chose auprès des services de renseignement de Teyr. Des rumeurs de lézards énormes capables de cracher le feu dans l’est du marais d’Onysablet permirent de circonscrire davantage la zone de recherche. Pour pousser plus loin, il fut décidé que le groupe se rende directement à Mem-Ban, ancienne ville commerciale sur la route entre Silvanesti et les Plaines de poussière et aujourd’hui une base d’opération de la Légion d’Acier dans le sud-est d’Ansalon.

Avant de partir, Azzit fit cependant un détour jusqu’à la Tour de Haute sorcellerie où il rencontra Dalamar le sombre pour lui demander s’il n’y aurait pas un moyen de reconnaître les aberrations cachées sous d’autres apparences. Le mage noir lui donna un cristal qui, fixé à une arme permet de détecter la présence d’aberrations dans les environs immédiats. Après examen par Alexias, on se rendit compte que le cristal permettait aussi à Dalamar de suivre à la trace celui qui s’en servait, mais on jugea que le besoin de retrouver Caiphon était trop grand pour se passer de l’outil à cause de cela.

Une fois à Mem-Ban, le groupe fit route vers le nord en tentant de trouver de signes de faune modifiée par la magie de Menelechtaros. Arkos guidait le groupe à travers les dangers naturels de l’endroit tandis que Kelsea utilisait sa carte enchantée pour identifier les ruines et les villages où le cambion pourrait s’être réfugié. Finalement, c’est près du Fleuve Thon-Talas qu’on trouva les premiers indices tangibles.

Les pentes des montagnes où le fleuve prenait naissance étaient recouvertes d’une épaisse couche de neige. Bien qu’on soit l’hiver et relativement près du pôle, une telle quantité semblait plutôt anormale. La confirmation que quelque chose de louche se tramait vint quand Arkos découvrit des traces de pas semblables à celles de reptiles géants, mais profondes comme si la bête qui les avait faites était deux fois plus lourde que la normale et que ses pieds avaient été suffisamment chauds pour avoir fait fondre la neige.

Ces traces permirent ainsi au groupe de remonter jusqu’à une ancienne ruine dont l’entrée était gardée par une meute de loups polaires comme on n’en retrouve que dans la région du Mur de glace. Plus gros que la normale, les membres de la meute semblaient toutefois particulièrement mal nourris, tous sauf le couple d’alphas étant maigres au point de montrer les côtes. Plus étonnamment encore, les loups semblaient discuter entre eux dans une langue qui leur était propre. Grâce à la gemme qu’il avait ramené du plan astral, Azzit était toutefois capable de les comprendre et de leur répondre. Après quelques menaces, les loups semblaient prêts à laisser passer le groupe d’intrus, mais le chef de meute les voyait clairement davantage comme une source de nourriture. Il tenta même de négocier avec Azzit pour qu’on laisse Jolt en pâture aux loups.

Obéissant à leur chef, les autres loups passèrent à l’attaque. Déjà affaiblis et réticents à se battre, ils tombèrent cependant assez facilement. Seul l’alpha se montra vraiment coriace, l’aura de froid intense qui l’entourait blessant sans cesse ceux qui l’entouraient et allant même jusqu’à geler Azzit sur place le temps de quelques secondes. Le loup monstrueux tomba quand même lui aussi sous les armes des compagnons, laissant le champ libre vers l’intérieur des ruines.

Si les pentes à l’extérieur étaient recouvertes d’une épaisse couche de neige, les ruines dans la montagne étaient caractérisées par une chaleur étouffante. Au lieu de loups, on y trouva une multitude de lézards et autres reptiles qui se prélassaient sur les pierres chaudes. Comme pour les loups, ces bêtes avaient un regard suggérant une forte intelligence et murmuraient entre eux des phrases dont Azzit comprenait parfois un mot ou deux.

Frayant leur chemin à travers les reptiles, les compagnons arrivèrent bientôt à une fortification en ruines au fond de laquelle ils virent le cambion Menelechtaros. Il était entouré de trois reptiles comme on en avait déjà vu dans le Grand Marais de Mohrlex, mais ceux-ci étaient nettement plus gros et plus bâtis.

Apparemment dérangé dans ses occupations, le cambion demanda aux aventuriers de quitter les lieux, promettant de les contacter dans un futur proche. Plus tendu que la dernière fois, il insinua à plusieurs reprises qu’il était près à demander à ses sujets de passer à l’attaque. La situation s’envenima encore davantage quand Kelsea l’informa accidentellement que le chef de la meute de loups polaires avait péri sous leurs armes.

Arkos ne remarqua pas de traces physiques d’une possession par une quelconque aberration et Cabiyari ne décela pas non plus d’indices d’un contrôle mental. Azzit réussit éventuellement à s’approcher suffisamment près pour conclure que la pierre donnée par Dalamar ne réagissait pas en la présence de Menelechtaros ou de ses créatures. Une conversation tendue indiqua que les seuls ennemis actuels de la faction de Menelechtaros étaient les ogres du sud de Blöde, mais qu’il était prêt à combattre quiconque viendrait s’attaquer à lui, ce qui n’était qu’à moitié rassurant.

On put quand même obtenir ce qu’on était venus chercher : des informations au sujet de l’émissaire de Caiphon. Quand Menelechtaros l’avait rencontré au Château du Mur de glace, il avait l’apparence d’un vieil humain en robes de laine gris foncé s’appuyant sur un bâton plaqué or. Cela ressemblait étrangement à la description de l’homme vu volant vers l’ouest sur une wiverne alors qu’on avait tenté de faire une divination sur Mohrlex à partir du val des dieux. Il avait été revu dans une autre divination en compagnie de Thaddeus, le marchand de composantes arcanes de Zaradene, puis vraisemblablement rencontré dans les sous-sols de l’ancienne demeure de Christina par Anaximène.

Le groupe de compagnons s’apprêtait à quitter les ruines dans les montagnes quand un essaim de créatures aux allures d’insectes géants plongea droit sur eux. Leur chitine était dure comme une armure d’acier et leurs pattes antérieures tranchantes comme des lames. Usant de toute la stratégie dont ils disposaient, les compagnons redirigèrent les attaques des aberrations contre elles-mêmes et sortirent du combat sans trop de blessures graves. Un examen rapide confirma qu’il s’agissait là d’humanoïdes modifiés par une puissante magie, probablement celle de Caiphon. Il était cependant impossible de savoir qui de Menelechtaros ou des compagnons devait être la cible de l’assaut. Même le fait d’avoir gardé un assassin en vie n’aurait sans doute pas fait de différence puisque les créatures semblaient dépourvues de bouches et d’oreilles.

Dans les semaines suivantes, on se rendit donc au Château du Mur de glace. Tout y était identique à ce qu’on y avait vu la dernière fois, deux ans plus tôt, à l’exception de la fontaine de guérison sacrée d’Habbakuk, qui était maintenant à sec. Une autre visite, dans la ville de Zaradene cette fois, permit de retrouver une seconde fontaine semblable, elle aussi complètement à sec. Les compagnons ne connaissaient qu’une seule autre fontaine de guérison bénie par Habbakuk, celle-là se trouvant dans le grand amphithéâtre de Mohrlextlan, château-fort du grand seigneur dragon noir. On songea à aller investiguer de ce côté aussi, mais des rumeurs voulant que Mohrlex soit revenu chez lui après un long voyage firent en sorte qu’on mit ce projet en veilleuse.

Tout pointait donc dans la direction de Mohrlex et on se mit à craindre fortement qu’Il ne soit possédé par Caiphon. Des aberrations venues du ciel avaient déjà tenté de faire de même, sans succès, avant que les six grand monstres ne soient envoyés sur Krynn. Cependant, selon les calculs d’Anaximène, en tant que seule aberration restante sur la planète, la puissance de Caiphon devrait s’en trouver redoublée, faisant de lui essentiellement l’égal de l’avatar d’un dieu.

Avant d’aller confronter le dragon le plus puissant restant sur Krynn, il allait falloir élaborer un plan et mobiliser les alliés et les ressources dont on disposait. Le temps était peut-être compté, mais on ne pouvait pas se permettre de passer à l’étape suivante sans une préparation presque sans faille.

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Et tous contre un...
Où le sous-titre est plutôt prévisible

Sur le coup du signal télépathique, les cinq compagnons avaient activé simultanément leurs focus pour le rituel d’ubiquité. Chacun d’entre eux se retrouva entouré de ses quatre alliés, de sorte que chacun des compagnons soit présent simultanément en cinq points de l’espace.

Les cinq clones d’une même personne partageaient énergie et ressources, mais n’avaient autrement aucun moyen de communiquer entre eux. Seuls les cinq aventuriers originaux étaient encore reliés par le rituel de télépathie d’Alexias.

L’Azzit original indiqua rapidement comment se déroulait le combat avec l’équipage de minotaures du Nécrophore. Depuis la vision de la veille, les parents d’Arkos avaient encore pris du volume, ce qui s’expliquait probablement par le fait qu’il ne restait plus que trois de la dizaine de marins minotaures présents la veille et qu’autant de crânes avaient été ajoutés à la pyramide que l’officier draconien venait de détruire. Luttant contre les contre les montagnes de muscle que Gallder et Lana de-Braca étaient devenus tout en évitant les coups de harpons des trois marins et les attaques opportunistes des raies volantes de la Mer d’Istar, le groupe parvint à neutraliser les cinq derniers minotaures. À la chute de chaque marin possédé, un grand serpent volant transparent était libéré, qui semblaient être des parties de l’avatar de Nihal. Se téléportant à gauche et à droite et résistant à tout sauf les attaques les plus fortes, ils furent néanmoins éliminés.

Au même moment, Alexias se posait avec l’aide de Pégase sur le pont du Mistral parti à la dérive. Les corps des quelques marins encore en vie la veille étaient éparpillés un peu partout. La bisbille semblait avoir éclaté entre Eldred Steelbrim, maintenant encore plus insectoïde, et Martine Laschaar, épaulée par un Samm Vardan géant à six bras. Dans l’eau, de part et d’autre du bateau, les elfes Marianna etMerianna observaient, recouvertes d’algues et de tentacules. Ne souhaitant pas qu’un de leurs anciens alliés en tue un autre et ne pouvant délayer l’activation du rituel, Alexias conjura les clones de ses alliés pour mettre hors d’état de nuire les monstres qu’étaient devenus leurs amis. Eldred faillit bien se noyer en tombant sans connaissance au-dessus de l’eau, mais Azzit plongea pour l’en sortir. Encore une fois, à chaque possédé assommé, un gros serpent translucide était libéré, mais tous furent également abattus.

Toujours au même moment, Arkos avait activé son focus dans les bois où se trouvaient les Lor-Tais de la tribu de Cabiyari. Yucuna et ses enfants semblaient indemnes physiquement, mais le reste de la tribu, le chef Borom en tête, avaient le teint gris, des poils abondant et une mâchoire proéminente, entre autres choses. Pendant le combat qui s’ensuivit, Borom agita son bâton sur lequel était piqué la tête réduite du chamane Arawan, mentor de Cabiyari. L’esprit d’Arawan apparut pour s’en prendre à son ancien apprenti. Les Lor-Tais semblaient croire que c’était les autres qui étaient possédés par des aberrations et ils n’hésitaient pas à les frapper violemment, soi-disant pour les guérir. Azzit cracha des flammes dans le tas pour faire tomber la majorité des guerrier tandis qu’Arkos et Kelsea, à leur grand regret, s’en prenaient aux enfants., Cabiyari finit par faire tomber sa femme, son chef et son mentor pour, encore, forcer le groupe à éliminer les grands vers invisibles. Après la bagarre, Cabiyari ramassa la tête d’Arawan. Non sans l’insulter, son esprit lui promit de l’aider dans sa quête.

Simultanément, le Cabiyari original sortait des sous-sols étranges du Château Aerie. Repéré à temps par Valantinius et Lyastra, ceux-ci bloquèrent la porte d’entrée du château pour protéger Mya, Valya et Jenn, qui jouaient jusque-là dans la cour. Valentinius tenta de convaincre Alexias que Kang et les draconiens se servaient des habitants de Robann et de Krolan, leur affirmant même que Kang avait l’intention de transformer le château en forteresse volante. Les compagnons avaient cependant appris à faire confiance aux idées du gouverneur et, sachant la famille d’Alexias possédée, ils foncèrent dans le tas. Pendant que ses compagnons se concentraient sur l’ancien Chevalier de l’épine, Cabiyari empala Lyastra contre un mur et coinça les trois autres dans une zone de vignes, ce qui permit à Kelsea de passer au corps à corps avec sa sœur. C’est Alexias qui cette fois dut assumer la lourde tâche d’assommer ses demi-sœurs, libérant plus de vers éthérés, qui furent eux aussi éliminés.

En même temps, Kelsea conjurait ses alliés au rez-de-chaussée de la tour de garde au sud-ouest de Robann. Le commandant Chaghra maudit les compagnons les uns après les autres, les recouvrant de puissantes flammes noires mais, sous la direction d’Azzit, chacun parvenait à les éteindre en quelques instants, parfois avant même qu’elles n’aient eu le temps de brûler la peau de leurs victimes. Cinq vers transparents furent là encore libérés et s’attaquèrent aux compagnons mal en point, mais il fallut moins d’une minute pour s’en débarrasser.

Une fois les ennemis hors d’état de nuire, les cinq compagnons stoppèrent rapidement le rituel d’ubiquité. Chacun se retrouva alors seul, là où il avait convoqué les clones de ses alliés, face à une poignée d’anciens alliés inconscients et autant de serpents translucides. Dans la série de combats simultanés, chacun des protagonistes avait perdu près de quatre années de vie.

Toujours en contact télépathique, les héros discutèrent de ce qui devait être fait ensuite. Les alliés qu’ils venaient de combattre semblaient avoir retrouvé leurs esprits, même si ceux qui avaient été déformé par les aberrations célestes ne montraient pas le moindre signe de reprendre leur forme normale. Alexias demanda qu’on rapporte tous les serpents de Nihal à Robann pour qu’on y essaye de les bannir. Étonnamment, dès que deux des créatures entraient en contact, elles fusionnaient pour n’en former qu’une seule. Plusieurs heures plus tard, ce sont cinq vers transparents qui furent ramenés à Robann, là où ils fusionnèrent à nouveau en un seul et où Alexias et ses compagnons répétèrent le long rituel permettant de renvoyer les aberrations vers le cosmos.

Le plan de Nihal et Caiphon pour empêcher les héros de Robann d’agir contre eux avait échoué. L’échec était d’autant plus lamentable qu’il ne restait plus que Caiphon parmi les aberrations envoyées sur Krynn par Allabar. Par contre, personne n’avait la moindre idée d’où ce monstre pouvait se trouver à présent. Sans qu’il n’y ait urgence, il fallait tout de même se dépêcher de s’en débarrasser. Après tout, dans moins d’un an et demi, Allabar ramènerait toutes les aberrations bannies par le groupe de Robann. Et à en croire les révélations de Tomas Bombyx, la planète naine profiterait de l’occasion pour envoyer plus que les six aberrations qui maltraitaient les habitants d’Ansalon depuis quelques années.

Alors que tout le monde se préparait à aller se coucher après une journée plus qu’épuisante, Alexias et Azzit furent visités par le fantôme de Solostaran Kanan, l’ancien orateur du Soleil de Qualinesti. S’adressant aux deux guerriers d’un ton un peu condescendant mais tout de même empreint de respect, il affirma qu’ils avaient entre leurs mains l’épée de son fils aîné Porthios, l’armure de son fils cadet Gilthanas et la cape de sa fille Laurana. Reconnaissant qu’ils s’en étaient montré dignes jusqu’ici, Solostaran les exhorta à continuer de lutter honorablement contre les aberrations célestes tout comme ses enfants l’auraient fait.

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Un pour tous...
Où on planifie toute une expédiion de sauvetage

De retour à Robann, les compagnons réalisèrent que tous les membres de leurs familles et leurs amis proches avaient quitté la ville en même temps. Bien qu’aucune de ces absences ne soit suspecte en elle-même, le fait qu’elles surviennent toutes en même temps était plus que louche.

Les compagnons étant trop mal en point après leur combat contre Ulban, ils décidèrent toutefois de s’accorder une journée de repos avant de partir aux trousses de Jenn Eigersonn et Tomas Bombyx, partis avertir la Tour de haute sorcellerie.

Le lendemain, Laurel Unfettered réveilla les compagnons avant l’aube pour leur annoncer qu’un cavalier les attendait devant les écuries de l’auberge. Après s’être habillés en maugréant, les aventuriers descendirent pour tomber nez à nez avec Anaximène, debout devant son cheval qui portait le corps inconscient et ligoté de Tomas Bombyx, couvert d’ecchymoses et avec quelques dents et épis de cheveux en moins.

Au cours de l’année et demie pendant laquelle les compagnons étaient partis s’entraîner sur le plan des dieux, le guerrier du passé n’avait pas chômé. Récemment, il s’était rendu jusqu’à Zaradene pour y récupérer des livres de rituels que son ordre avait scellé il y a de cela plusieurs siècle. Dans la voûte, il avait croisé ce qui semblait être l’alter ego humain du dragon Mohrlex. Ce dernier avait déjà fouillé la place et s’en était allé en ignorant Axaximène, qui n’aurait rien pu faire pour stopper le puissant dragon de toute façon.

Juste avant de revenir à Robann, Aximène avait croisé Jenn et Tomas marchant vers l’ouest. Dès qu’ils l’aperçurent, les deux mages commencèrent à lui tirer dessus, Tomas s’approchant à quelques pas devant et Jenn restant loin derrière. Anaximène croyait son heure venue, mais il réussit tout de même à assommer Tomas du plat de sa lame. Relevant les yeux, il vit que Jenn avait profité de l’occasion pour déguerpir.

Après avoir entendu cette histoire, les compagnons décidèrent d’aller interroger Tomas dans les cellules vides de la prison de Robann. Le mage aveugle expliqua qu’il avait été torturé par les aberrations de Nihal pour qu’il apprenne par cœur un message. Les amis et alliés des compagnons de Robann étaient gardés en plusieurs groupes. Si jamais un d’eux venait à être attaqué, un ordre télépathique serait envoyé à tous les autres pour exécuter le reste des otages. Si par contre les compagnons se tenaient hors du chemin de Nihal et Caiphon pour les prochain mois, leurs proches seraient renvoyés à Robann sains et saufs.

Dès son explication terminée, Tomas charma Kelsea discrèetement et la força à planter sa dague dans le bras de Cabiyari. Tandis que les cinq compagnons commençaient à se battre les uns contre les autres, Tomas se débarrassa instantanément de ses liens et se mit à bombarder les autres de rayons de flammes. Il fut rapidement assommé et une espèce de long serpent transparent se détacha de son dos pour attaquer à son tour. Convaincu qu’il s’agissait là de la manifestation du grand ver invisible contre lequel son mentor Arawan l’avait prévenu, Cabiyari concentra toutes ses énergies primales et déchira le serpent d’un coup de griffes.

Refusant de faire confiance à des aberrations, mais n’étant évidemment pas prêts à sacrifier les trois-quarts des membres de leurs familles, les compagnons avaient besoin d’un plan. Un espoir apparut sous la forme d’un rituel interdit créé jadis par un membre de l’ordre dont avait fait partie Anaximène. Le rituel en question, difficile d’abord, mais à la portée d’Alexias, permettait à un individu de se trouver à deux endroit en même temps. Le faible coût en matériaux était cependant compensé par le fait que chaque minute passée dans un état de dédoublement résulterait en la perte d’une année de vie. Chacun étant prêt à sacrifier quelques années pour sauver ses proches, il ne restait plus qu’à trouver le moyen de frapper simultanément tous les lieux où se trouvaient les amis des compagnons.

Encore une fois, la solution se trouvait dans les rituels ramenés par Anaximène. Un autre rituel, plus complexe, mais moins exigeant en terme de ressources, permettait d’épier une créature connus n’importe où dans le monde. Alexias passa une journée à étudier les pages du grimoire, mais quelques éléments lui échappaient encore. Il fallait donc trouver un mage encore plus expérimenté.

Le groupe se téléporta à Palanthas, où Kelsea s’empressa d’aller empocher le trésor qui lui avait été promis par l’empereur Jaymes Markham, et fit marche vers la Tour du haut-clériste. Une fois à destination, le groupe fut déçu d’apprendre que la haute-clériste Leona Truly n’était pas encore revenue de l’expédition militaire avortée au nord de Teyr. Le groupe redescendit donc jusqu’à Palanthas où la chance leur sourit enfin puisqu’ils eurent la chance d’y croiser maîtresse Jenna, chef de l’Ordre de haute sorcellerie.

Après avoir pris le temps d’apprendre le rituel de divination, ce dernier étant selon elle plus puissant que ceux qu’elle connaissait déjà, Jenna emprunta la boule de cristal de Cabiyari et commença ses observations.

Yucuna, ses enfants et les guerriers Lor-Taïs qui étaient venus prêter main forte à Robann pendant la crise avec Neraka avaient déjà traversé les Monts Astivars et se trouvaient maintenant dans la portion de la route d’Haekel traversant le Bois de Lahue. Le petit groupe avait été rejoint par Borom, chef de la tribu de Yucuna et Cabiyari. Borom avait avec lui son bâton cérémonial habituel, mais celui-ci était maintenant surmonté de la tête exhumée d’Arawan, l’ancien mentor de Cabiyari. Des traces de combat indiquaient que le groupe de Yucuna s’était battu en chemin contre des cannibales lahutiens. Plus inquiétant encore, nombre de guerriers semblaient avoir le teint grisâtre, des canines proéminentes et une démarche presque bestiale.

La seconde vision montra une Jenn aux cheveux clairs et au teint verdâtre dévalant une pente gazonnée vers la forteresse Aerie, à la rencontre du flanc est des Monts Astivar et de la route d’Haekel. Tout autour d’elle, l’herbe poussait en se tortillant, piégeant les petits animaux ayant le malheur de se trouver là. Jenn fonçait vers un petit groupe composé de Lyastra, la mère d’Alexias, de son mari et de leurs deux filles. Même si Valantinius était le seul combattant du groupe, tous étaient armés, et toutes les armes, même celle de la jeune Mya, étaient maculées de sang.

On passa ensuite au commandant Chaghra. Accompagné de deux autres baaz et de deux sivaks, il était en train de prendre possession de la tour de guet construite deux ans plus tôt le long de la frontière avec Neraka. Des armes et des morceaux d’armure gisant sur le sol mêlés à de la poudre de pierre laissaient présager que plusieurs draconiens avaient récemment perdu la vie sur les lieux.

Une divination sur le père d’Arkos montra le Nécrophore échoué sur la plage d’une toute petite île. L’équipage de minotaures était rassemblé autour de deux feux de camp. Aucun des marins humains de l’équipage n’était en vue, mais un coup d’œil plus poussé sur la scène permis à Arkos de constater que la viande en train de rôtir était bel et bien de l’humain et qu’une pyramide de crâne était empilée près d’un rocher. Arkos ne pouvait pas ignorer non plus que son père comme sa mère semblaient plus grand et musclés, voire plus bestiaux qu’à l’habitude. Le seul indice de l’emplacement exact de l’île était la présence de grandes raies rouges dans les eaux environnantes, bêtes que l’on ne trouve que dans le nord de la Mer d’Istar.

Redoutant ce qu’ils allaient voir dans la dernière vision, Kelsea et Arkos demandèrent néanmoins une divination sur la capitaine Martine Laschaar. Cette fois, les images étaient plus que révoltantes. Si Arkos fut en mesure d’identifier l’emplacement du Mistral, les membres d’équipage survivants étaient tous plus difformes les uns que les autres. La capitaine elle-même, doublée en taille, semblait vieille et ridée avec des yeux rouges sans pupilles apparentes. Samm Vardan était devenu plus grand encore, et portait maintenant quatre cimeterres à la ceinture, nombre approprié puisqu’il avait maintenant autant de bras. Quant à Eldred Steelbrim, elle était presque méconnaissable, transformée en créature mi-naine mi-insecte voletant autour des mats aux voiles déchirées. Beaucoup des marins étaient morts et démembrés sur le pont tandis que les autres continuaient à vaquer à leurs occupation sans sembler préoccuper par le sort de leurs collègues. De part et d’autre du navire, deux grandes créatures humanoïdes formées d’algues et de varech attrapaient méduses et poissons dans leurs tentacules avant de les dévorer. Cabiyari remarqua à son grand effroi que c’était ce qui restait des elfes marines Marianna et Merianna.

Forts de ces visions peu encourageantes, le groupe se servit encore de la magie d’Alexias pour revenir à Robann, non sans avoir longuement discuté de la possibilité de montrer le rituel d’ubiquité à Jenna. En fin de compte, il fut décidé qu’on ne pouvait pas prendre la chance que quelqu’un comme Dalamar tombe sur un tel pouvoir et qu’il valait donc mieux tenir sa collègue dans l’ignorance.

Après quelques derniers préparatifs, Alexias enchanta les armes de chacun des membres de son groupe afin qu’ils servent de points d’ancrage pour le rituel d’ubiquité. Après un rituel de vol et un autre de télépathie à longue portée, les membres du groupe s’envolèrent chacun de son côté pour retrouver leurs anciens alliés.

Arkos plongea dans le Bois de Lahue, suivant à l’odeur de viande grillée autant qu’à la trace la famille de Cabiyari et les autres Lor-Taï. Cabiyari se rendit rapidement aux ruines du château Aerie, où il passa par les profondes douves pour arriver dans la cour intérieure sans être vue par Jenn et la famille d’Alexias. Kelsea, elle, se faufila dans la tour de garde bâtie le long de la frontière sud de Teyr. Des draconiens amenés là par Chaghra, il n’en restait que cinq, que Kelsea s’empêcha d’attirer dans un guet-apens au rez-de-chaussée. Sur le dos de Pégase, Alexias retrouva l’emplacement du Mistral et de son équipage transformé. Toujours au même moment, après un marathon de vol, Azzit arrivait en vue de l’île où s’était échoué le Nécrophore et plongea tout droit sur la pyramide de crânes humains qui avait encore grandi.

Se donnant le signal télépathique, tout le monde activa sa part du rituel d’ubiquité, prêt à se battre sur tous les fronts, tous ensemble, tous en même temps.

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Cessez-le-feu
Où on gagne une guerre avant même qu'elle ne débute

Alors que nombre de cavaliers solamniques courraient à leur perte en tentent de d’empêcher le rejeton d’Ulban de s’échapper, les compagnons de Robann restaient à l’écart pendant que Leona Truly et quelques autres prêtres de Kiri-Jolith, Habakkuk et Shinare imploraient les dieux de panser leurs blessures. Après cinq longues minutes qui parurent durer une éternité, la Haute clériste les laissa enfin charger le monstre qui les narguait depuis tant d’années.

Rapidement, la créature avait réussi à s’entourer d’une montagne de chevaux et de cavaliers morts. Si certains montraient des marques de brûlure ou de tentacule, la plupart étaient tombés sous les coups d’épée de leurs camarades hypnotisés.

Voyant les cinq compagnons arriver à la charge, Ulban utilisa une bonne partie de ses pouvoirs pour donner vie aux éléments autour de lui, éveillant un énorme élémentaire de flammes et un autre de boue, et pour créer un monstre grotesque, digne des pires cauchemars, à partir de la carcasse encore chaude d’un cavalier et de sa monture.

Ulban tenta une fois de plus de s’enfuir, mais fut immobilisé avant qu’il n’ait pu faire plus que quelques pas. Il se trouva par contre particulièrement difficile à toucher dû à sa capacité de dominer ceux qui s’approchaient de lui. Sa création cauchemardesque avait elle aussi l’habilité de contrôler les esprits. Pour compliquer les choses, la pierre magique d’Azzit commença à remuer au beau milieu du combat, libérant quelques instants plus tard Shuluth, la liche dévoreuse de cerveau. Comme si ce n’était pas déjà assez, elle était elle aussi en mesure de posséder les gens.

Ulban prenait un malin plaisir à voir ses adversaires s’attaquer les uns les autres, bien qu’Azzit réussisse à les ramener à la réalité presqu’au même rythme. Pendant un bref instant où il était parvenu à faire de Kelsea sa marionnette, Ulban envoya l’assassine planter sa dague dans la gorge d’Azzit. Le draconien s’effondra dans une mare de sang, à l’article de la mort. Cabiyari prit une pause de combat le temps d’aller sauver son allié pendant qu’Arkos et Alexias alternaient entre des attaques puissantes portées contre Shuluth et Ulban et d’autres coups donnés l’un contre l’autre. Le légionnaire d’Acier trancha finalement l’aberration céleste d’un coup de lame elfique pendant que Shuluth tentait d’extirper le cerveau du minotaure de sa boîte crânienne. Avant même que ses alliés n’arrivent à la rescousse, Arkos avait réussi à se déprendre et à fracasser le crâne de la liche qui, selon les dires des dieux, ne réintégrerait plus jamais sa phylactère.

Même coupé en deux, le rejeton d’Ulban continuait à se tortiller et à murmurer. Malgré les circonstances, son ton de voix résonnait d’espoir. Depuis des mois, Ulban travaillait de concert avec les manifestations de Caiphon et Nihal. En ayant retenu les compagnons en Nordmaar pendant les premiers jours suivant la nuit de l’œil, il s’était assuré qu’ils ne soient pas ailleurs. En se faisant bannir vers les cieux, il redistribuait sa puissance aux deux aberrations restantes. Et quoi qu’Il arrive, Allabar le ramènerait sans problème sur Krynn dans un an et demi.

Malgré les inquiétudes soulevées par les dernières paroles d’Ulban, une menace plus pressante pesait sur Teyr. Si la force de cavalerie et d’infanterie venant du nord avait été stoppée par ordre de l’empereur solamnique, au moins trois autres armées se dirigeaient vers Teyr et sa capitale avec pour objectif de frapper dans les prochaines heures. Recevant des ordres de cessez-le-feu de la main même de l’empereur Jaymes Markham, les compagnons de Robann partirent aussitôt pour les distribuer.

Grâce à un cercle magique conjuré par Alexias, ses amis Azzit, Arkos et Cabiyari s’en allèrent directement à Teyr. En l’absence du gouverneur Kang et du général Slith, le trio alla donner les nouvelles à Granak Rouge-Argent, ministre de l’information. Ce dernier avait déjà mobilisé la quasi-totalité des soldats de la ville pour se préparer à résister à une attaque imminente.

Pendant ce temps, Alexias et Kelsea, sur le dos de Pégase, se rendaient dans les Monts Astivar pour aller à la rencontre de la volée de dragons de bronze et d’argent menés par le chevalier de la rose Willelm uth Wyatt. Heureusement pour Teyr, Wyatt était déjà réticent à obéir aux ordres de l’empereur. Un ordre authentique et deux témoignages crédibles suffirent à le convaincre de rester percher en attente de l’éventuel déclenchement des hostilités. Si aucun combat n’était initié par d’autres groupes, les forces de Wilhelm n’attaqueraient pas.

Après avoir terminé sa tournée des installations défensives de la capitale, Azzit s’en alla à l’extérieur des murs pour rejoindre Cabiyari et Arkos aux abords du Grand Marais. Ces deux derniers avaient commencé à piéger le terrain pour ralentir les centaines de guerriers de Nordmaar qui s’en venaient dans l’espoir d’arriver en renfort à la cavalerie solamnique. Plus encore que les chevaliers, les barbares de Nordmaar vouaient une forte haine envers les draconiens datant de l’époque de la Guerre de la Lance. Néanmoins, les pièges et obstacles avaient déjà affaibli les guerriers et, lorsqu’Azzit les mit au défi de venir se battre en combat singulier avec lui, personne n’osa s’avancer. Face à l’inévitable défaite qui les attendait, les deux cents barbares choisirent de faire demi-tour pour couper de nouveau à travers le marais de Mohrlex.

De leur côté, Alexias et Kelsea avaient bifurqué vers Robann et la baie du Miremier pour intercepter la marine de Solamnie en route vers la petite ville portuaire. Après le temps consacré à l’escale dans les montagnes à l’ouest, le port de Robann aurait déjà dû être pilonné par les canons de Solamnie. Quelque chose avait cependant dû les retarder car les mats des navires ne furent repérés que des dizaines de kilomètres plus lors vers le large. Arrivé plus près, le duo put voir que les voiles de plusieurs des vaisseaux étaient en train de fumer ou littéralement en feu.

De plus près encore, en avancement furtivement dans la mangrove, Kelsea put voir trois créatures rouge feu, soit Bazagra et ses acolytes, lancer une boule de feu après l’autre sur les gréements des navires. La moitié des marins étaient occupés à éteindre les incendies au fur et à mesure. Les soldats et chevaliers à bord tentaient tant bien que mal d’atteindre les génies à coup de flèches et de carreaux. Aidée de la magie arcane d’Alexias, la voleuse se faufila à bord pour empirer la situation en mettant littéralement le feu aux poudres, endommageant un à une les navires de la flotte.

Alors que les soldats cherchaient désespérément à comprendre ce qui se passait, l’un deux tira, peut-être par chance, une flèche directement dans la gorge d’un des alliés de Bazagra qui passait près de lui. La carcasse du génie tomba et le pont et se dissipa dans un épais nuage de fumée noire, laissant derrière elle une gemme rouge brillante. La ramassant rapidement, un marin avide souhaita à voix haute que la même chose arrive aux deux autres génies. La gemme se désintégra entre ses doigts mais, miraculeusement, des flèches vinrent abattre Bazagra et son dernier allié. Ce dernier tomba sur le même pont, alors que le chef du trio plongea dans l’eau de la baie.

Ramassée par un chevalier futé, la deuxième gemme lui permit de voir se réaliser son souhait que les navires se réparent par magie. Paniqué de voir les vaisseaux de guerre se remettre en route vers Robann, Alexias enfourcha Pégase et fonça vers l’endroit où le corps de Bazagra avait plongé sous les flots. Plongeant dans les vagues et nageant jusqu’au fond, il ramassa la gemme et remonta à la surface pour y souhaiter que tous les navires coulent au fond du Miremier. Dans les minutes qui suivirent, toutes les coques commencèrent à prendre l’eau. Les soldats et les marins durent abandonner leurs embarcations et se rendre sur la berge, où ils furent accueillis par une Kelsea bienveillante qui les redirigea bien volontiers vers le village gnome de Picketville.

Après s’être retrouvés à Teyr pour célébrer la fin d’une guerre qui n’avait jamais vraiment commencé, les cinq compagnons firent route vers Robann pour revoir leur famille et leurs amis. En vue de la petite ville, tous purent constater avec soulagement qu’elle avait été complètement épargnée par les événements des derniers jours. Une fois à l’intérieur, cependant, les compagnons se rendirent vite compte que quelque chose clochait. Tous les proches des compagnons avaient pour une raison ou une autre quitté la ville. Si l’explication pour chaque absence était crédible, le fait qu’une vingtaine d’amis ou de parents des cinq personnes venant de stopper une guerre entre Teyr et la Solamnie était plus que louche.

Questionnant tout le monde en ville et utilisant la magie d’Alexias pour contacter quelques-uns des disparus, n’eurent que des explications logiques. Le Nécrophore et le Mistral étaient restés coincés au large à cause d’une tempête. Yucuna avait repris la route vers le Qwalmish avec ses deux enfants. Tomas et Jenn étaient partis faire leur rapport à la Tour de Haute Sorcellerie. Et ainsi de suite. Les compagnons y voyaient toutefois l’œuvre des aberrations célestes et il ne s’écoulerait certainement pas longtemps avant qu’ils n’aillent investiguer la situation.

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Sabotage
Où on infiltre un camp armé sous le couvert des ténèbres

Pour se protéger de la pluie froide, les compagnons de Robann s’étaient réfugiés dans la petite caverne où leurs prisonniers et le défunt Chester avaient monté leur camp. Craignant qu’Alhanna Starbreeze ne les manipule avec ses mots et se méfiant de l’archer qui échangeait en elfique avec elle, les compagnons commencèrent par réveiller la naine druidesse.

Moraine Gravel ne se montra pas bavarde, mais elle répondait franchement aux questions qu’on lui posait. Une série d’escarmouches avec des draconiens au cours de la dernière année avait amené le dirigeant de Solamnie à reconsidérer la paix qu’il entretenait avec Teyr. Le tout avait culminé quand des draconiens arborant les insignes de Teyr s’étaient infiltrés dans la résidence de Jaymes Markham pour enlever son fils d’un an. Des restes humains retrouvés avec les kidnappeurs ne laissaient aucun doute quant au dernier repas des hommes-dragons.

En une semaine, la Solamnie avait mobilisé sa marine, sa cavalerie et son infanterie, en plus de faire venir des renforts de Nordmaar et de faire appel à quelques dizaines de dragons métalliques. La purge de Teyr était maintenant imminente.

Ne voulant pas s’encombrer de trois prisonnier pour la suite des choses, les compagnons empruntèrent leurs montures pour les escorter jusqu’au fort de Norresh, non sans avoir expliqué clairement à Moraine qu’elle serait sans doute abattue si jamais elle tentait de s’enfuir. Quant à la dépouille de Chester, elle fut enterrée dans un endroit quelconque, la tête séparée du corps.

À Norresh, le brasier d’alerte brûlait toujours malgré la pluie, mais la colonne de fumée ne serait sans doute pas vue par la capitale avant l’aube. Alhanna, Moraine et l’archer nommé Orexas furent enfermés dans une cellule souterraine et laissé à la garde de la vingtaine de draconiens stationnée au fort.

Avant de partir, toutefois, Kelsea, prétextant aller solidifier leurs liens, alla s’entretenir avec Alhanna Starbreeze, envers qui elle ressentait une inexplicable attraction mi romantique et mi spirituelle. En voyant le joyau étoilé de Kelsea, Alhanna l’accusa tout de suite d’avoir désacralisé une tombe, ce que la voleuse ne pouvait nier. La princesse elfe, qui portait un joyau semblable, affirma qu’une seule personne au monde était digne de porter un tel bijou. Comme si la broche l’avait entendue, elle se téléporta instantanément sur la veste d’Orexas. Par deux fois, Kelsea tenta de lui reprendre la broche, mais elle retourna chaque fois sur l’archer.

Avant le départ de Kelsea, Alhanna affirma qu’elle avait le pouvoir de s’échapper quand elle le voulait et d’amener ses alliés avec elle. Ce serait par choix qu’elle ne s’était pas encore enfuie. Elle consentit à laisser jusqu’à l’aube aux compagnons pour régler ce qu’ils avaient à faire après quoi ils trouveraient assurément la cellule vide.

Si chacun aurait bien profité d’un peu de sommeil après la débâcle dans l’antre d’Ascandia, il fut décidé de profiter du couvert de la nuit pour aller mettre des bâtons dans les roues de la force d’invasion solamnique avant que l’absence des quatre mercenaires ne soit remarquée.

S’éclairant d’abord à l’aide d’une torche magique, les cinq compagnons furent facilement repérés par deux archers tapis dans les broussailles. Plutôt que tirer la moindre flèche, les deux éclaireurs essayèrent de s’enfuir vers le camp des solamiques. Heureusement pour les compagnons, Arkos les entendit s’éloigner. L’un d’eux fut arrêté par la magie de Cabiyari et l’autre rattrapé facilement par Alexias monté sur Pégase. Il s’agissait de deux barbares des jungles de Nordmaar, normalement alliés avec les Chevaliers de Solamnie. Saisissant l’épée d’Ascandia, Azzit en transperça l’un des deux soldats afin de prendre son apparence pour quelques temps.

Quand les premières lumières annonçant la proximité du camp ennemi commencèrent à être visibles au loin, les compagnons éteignirent vite toutes leurs torches et commencèrent à approcher précautionneusement. Arrêtant ses compagnons le temps de prendre part à un rituel, Alexias fit en sorte que chacun puisse communiquer télépathiquement avec les autres tant qu’ils resteraient autour de la zone du camp.

Azzit entra sans difficulté et commença à prendre le pouls du camp tout en créant une légère distraction qui permit à Kelsea de se faufiler également à l’intérieur. Azzit de rendit compte par ses questions que la relation entre les barbares et les chevaliers était plutôt bonne, mais que ces derniers étaient divisés en deux factions, les chasseurs des jungles et les cavaliers des plaines, qui seraient probablement en guerre ouverte si ce n’était de l’influence des Chevaliers de Solamnie et d’un roi charismatique, Nacon II, ayant des ancêtres parmi les deux peuplades.

Complétant son propre rituel, Cabiyari transporta son âme dans le corps d’un corbeau, le partageant avec son propriétaire. Le corps inerte du druide fut attaché par Alexias sur le dos de Pégase avec pour ordre de rester caché à proximité. Pendant ce temps, Arkos aperçu une grande brèche dans le périmètre du côté opposé du camp. Entraînant Alexias avec lui, les deux guerriers commencèrent à faire le grand tour.

Cabiyari convainquit l’oiseau de se rendre vers ce qui semblait être les tentes des officiers. Au centre d’entre elles, un grand chapiteau était encore éclairé malgré l’heure tardive. Étrangement, le bâtiment était surmonté d’un drapeau orné d’un blason entièrement vide. Informé de cela, Alexias émit l’hypothèse qu’il pourrait s’agir du symbole de l’empereur Markham ou de son représentant. Perçant un trou au sommet de la toile, Cabiyari glissa la tête à l’intérieur et y aperçut dix hommes et femmes, tous en armure d’apparat. À une extrémité d’une longue table, un chevalier d’âge mur orné de la traditionnelle moustache solamnique présidait une rencontre à laquelle Cabiyari ne comprenait pas un traître mot. Une aura magique présente dans la pièce lui laissait cependant supposer que le rejeton d’Ulban se trouvait bel et bien parmi ces gens. Le druide se dépêcha de regagner son corps et de commencer à se rapprocher du camp pour aller rejoindre ses alliés.

Laissée à elle-même, Kelsea s’était rendue au lieu d’entreposage de la douzaine de catapultes du bataillon. Très discrètement, elle commença à saboter chacune d’entre elles de sorte que les dégâts de soient pas visible avant que quelqu’un n’essaie de s’en servir. Azzit avait de son côté trouvé les enclos où étaient gardés les chevaux des solamniques et des cavaliers de Nordmaar. Selon ses observations, les barbares des jungles seraient les premiers accusés si quelque chose venait à arriver aux montures de leurs cousins. Azzit se servit donc du lien télépathique pour guider Arkos et Alexias jusqu’à la barrière retenant les bêtes. D’un coup, Arkos arracha un long morceau de la clôture. Alexias envoya ensuite son familier se faufiler à l’intérieur et relâcher un bruyant coup de tonnerre entre les pattes des animaux. Pris de panique, près de la moitié des montures des barbares prirent la fuite par la brèche. Les cavaliers se précipitèrent pour tenter de les rattraper dans la nuit tandis que les chasseurs des jungles les regardaient passer en se croisant les bras.

Dans la commotion, Cabiyari fut en mesure d’aller rejoindre ses compagnons, tout comme Kelsea qui se désolait d’avoir dû laisser la moitié des engins de siège intacts. Arkos aperçu un messager se rendre dans la tente de l’état-major avant de revenir seul tandis que la réunion se poursuivait au centre. Le chapiteau étant doté de trois entrées, chacune gardé par trois ou quatre soldats en armure, les compagnons s’approchèrent discrètement du quatrième côté. Empruntant la pierre magique d’Azzit pour lui permettre de comprendre toutes les langues, Kelsea alla se coller contre la paroi de la tente. Reprenant là où ils étaient avant l’interruption du garde, neuf des officiers se présentèrent avec leur nom et leur titre. L’une d’entre n’était nul autre que la haute clériste, chef de l’ordre des Chevaliers de l’épée. Vue la déférence avec laquelle elle s’adressait à l’homme au bout de la table, il ne pouvait s’agir que de l’empereur de Solamnie en personne.

Au départ, les compagnons planifiaient de charger dans le tas et éliminer le plus d’officiers possibles avant de battre en retraite pour déstabiliser l’armée ennemie, mais la présence de l’empereur Markahm et de la haute clériste venait compliquer les choses. Il n’était pas dit que le groupe d’envoyés de Teyr pourrait venir à bout de ces deux dirigeants, sept autres chevaliers, les six gardes postés autour de la tente et quiconque arriverait en renfort dans les instants suivant le début des hostilités.

Kelsea perça plutôt un trou dans la paroi de la tente pour permettre à ses compagnons d’observer la réunion qui se poursuivait malgré le chaos à l’extérieur. Alexias put confirmer la théorie de Cabiyari comme quoi l’avatar d’Ulban se trouverait parmi les officier, mais il n’était pas non plus en mesure d’identifier lequel d’entre eux était possédé. Par une série de déductions et d’observations, le groupe parvint à éliminer les suspects potentiels jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux. Alexias décida alors de jouer le tout pour le tout et entra dans la tente, accusant l’une des deux d’être possédé par un monstre venu de cieux. C’est finalement Standhal Brier, le conseiller de l’empereur pour tout ce qui touche les nations étrangères qui se révéla en prenant ses jambes à son coup, jambes qui se déchirèrent pour laisser place à des tentacule violacés couverts d’épines.

Les cinq compagnons se lancèrent aussitôt à la poursuite de l’aberration. Les chevaliers de Solamnie ne leur opposèrent aucune résistance, mais on ne pouvait en dire autant des cavaliers de Nordmaar. Une dizaine d’entre eux, accompagnés d’un étrange draconien bleu, se mirent dans le chemin du groupe d’aventuriers. Le chef des cavaliers clama qu’elle et ses troupes étaient venues jusque là pour attaquer les forces de Teyr et que c’est ce qu’elles feraient, à commencer par le groupe de Robann. Si les solamniques semblaient en train d’offrir un cessez-le-feu à Teyr, les cavaliers de Nordmaar étaient toujours en guerre. Qui plus est, le chef affirma très clairement qu’une interférence des solamniques dans le combat pourrait être vue comme une déclaration de guerre.

Jaymes Markahm at ses conseillers restèrent donc impuissants tandis que le groupe de cavaliers chargeait les compagnons de Robann. Pendant ce temps, l’avatar d’Ulban fuyait toujours plus loin. Kelsea décida donc d’utiliser ses bottes aberrantes pour se lancer à sa poursuite au péril de sa santé. Ses quatre compagnons arrivèrent de peine et de misère à se débarrasser des cavaliers. Dernier debout, le draconien bleu prit son envol et quitta les lieux.

Plutôt que de sa lancer dans une deuxième chasse, les compagnons utilisèrent tous les moyens à leur disposition pour tenter de rattraper Kelsea et l’avatar d’Ulban. Entre temps, nombre de chevaliers solamniques avaient enfourché leurs montures pour rejoindre l’aberration. La haute clériste se précipita devant une Kelsea grièvement blessée pour lui barrer le chemin, prétextant que la voleuse et ses compagnons étaient probablement les seuls capables de venir à bout de l’aberration, mais qu’ils devaient pour cela frapper avec toutes leurs capacités. Alors même que des cavaliers donnaient leur vie pour gagner quelques précieuses minutes, Leona Truly commençait à implorer Kiri-Jolith de panser les plaies des compagnons pour qu’il puissent vite prendre le relais.

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Vue du sommet
Où on regarde le monde de haut

Après avoir été contraints d’éliminer Ascandia, les compagnons de Robann entendirent le dragon d’argent leur dire, dans son dernier souffle, que si elle ne pouvait pas les avoir, alors personne ne les aurait. Perplexes devant ces ultimes paroles, les héros de Teyr commencèrent néanmoins à fouiller les très anciens bâtiments qui avaient servi d’antre et de laboratoire à Ascandia.

Azzit mit la main sur l’épée qu’avait portée Ascandia, une arme puissante amplifiant les souffle élémentaires. Tandis que Cabiyari tentait tant bien que mal de déchiffrer les notes du dragon, Kelsea et Arkos eurent la joie de découvrir que, comme nombre de ses congénères, Ascandia n’avait pu s’empêcher d’accumuler une montagne d’or, d’acier et de platine. Fait étrange, une petite chambre forte était consacrée à l’entreposage d’une impressionnante collection d’objets de bronze et de cuivre.

C’est pendant cette inspection des lieux qu’Alexias arriva sur les lieux, chevauchant Pégase, le cheval blanc ailé d’un autre monde. En effet, le chevalier sans ordre avait envoyé son compagnon d’arme Jolt quérir l’aide de sa mère Corail dans la lutte contre les aberrations restantes.

Alors que chacun partageait ses impressions, une série de craquements émanèrent de la chambre froide où étaient gardés les œufs de dragon renfermant les draconiens capturés par Ascandia. Lorsque les compagnons arrivèrent à la couveuse, ils virent des dizaines de sivaks, le corps aussi mou que des jaunes d’œuf, coalescer au centre de la pièce pour former une immense aberrations d’yeux, d’écailles, de crocs et de griffes.

Malgré l’aide apportée par Alexias, le monstre draconique, avec son mélange de souffles de froid et d’attaques psychiques, se révéla presqu’au difficile à vaincre qu’Ascandia ne l’avait été. Les compagnons en vinrent à bout, mais se retrouvèrent devant un sol jonchés de dizaines de cadavres ayant pris leurs apparences. Tout espoir de sauver les sivaks maintenus en stase par Ascandia avait dès lors disparu.

Une fois le ménage terminé, les héros se mirent d’accord pour se rendre au sommet du Mont Brego, où Ascandia disait avoir vu d’étranges créatures aberrantes, qui pourraient s’avérer être des créations des êtres venus des cieux. En route vers le cratère volcanique, les compagnons rencontrèrent et combattirent un grand nombre de créatures de lave et de magma, mais rien laissant penser aux aberrations célestes. Çà et là le long des pentes, des morceaux de pierre taillée laissaient suggérer que plusieurs bâtiments avaient jadis été ensevelis par l’éruption de la montagne. Étrangement, le volcan aurait dû tomber éteint depuis longtemps, mais plusieurs signes indiquaient qu’il était resté en état d’activité partielle pendant plusieurs siècles.

Descendant dans le cratère pour aller y voir de plus près, les compagnons virent un bouillon de lave duquel étaient projetées des centaines de créatures de flammes. Rarement, une d’entre elles était éjectée suffisamment haut pour atteindre le rebord du cratère sans retomber dans la lave. Ne voyant là rien qui ne les concernait, les compagnons de Robann ressortirent du volcan.

À ce moment, ils arrivèrent nez à nez avec trois humanoïdes élémentaire comme ceux les ayant combattus en compagnie du remorhaz. Les trois génies avaient vraisemblablement l’intention de s’en prendre à Azzit, mais l’annonce de la mort d’Ascandia jeta un froid sur leurs intentions. Sans employeur, ils ne voyaient plus aucune raison de risquer leur peau pour poursuivre le travail.

Ils suivirent quand même le groupe jusqu’à l’antre du dragon pour constater son décès. En voyant la voute remplie de bronze, les trois mercenaires, qui s’étaient présentés sous les noms de Bazagra, Besu et Berebescu, proposèrent de travailler pour Teyr en échange de paiement. Comme preuve de leur nouvelle loyauté, les génies informèrent les compagnons qu’ils avaient vu à plusieurs reprises une humaine en armure et un petit dragon de bronze se poser sur la montagne au sommet aplani juste au nord du Mont Brego.

Tout le monde s’en retourna donc au crépuscule jusqu’à la montagne plate, d’où on avait une vue formidable tous azimuts. On pouvait y voir de Teyr à Kalaman et jusqu’aux confins d’Estwilde, Nordmaar ou le Grand Marais de Mohrlex. Discutant d’un plan, les héros de Teyr envoyèrent les génies combattre la marine de Solamnie qui se dirigeait probablement vers Robann, tandis qu’eux-mêmes tenteraient de tendre un piège aux dragons qui viendraient bientôt se poser sur le belvédère sous les ordres de Willem uth Wyatt.

Regardant vers le nord-est, Arkos vit cependant quelque chose de plus urgent. Dans les plaines du sud de Nordmaar, le minotaure repéra une armée forte d’environ deux mille hommes, avec quantité de chevaux et d’armes de siège. Plus près de Teyr, quatre cavaliers partis en éclaireurs éliminaient facilement tout soldat draconien qui aurait pu avertir l’avant-poste de Noresh situé entre Nordmaar et la capitale de Teyr.

S’en suivit une course folle pour descendre les parois escarpées de la montagne et se rendre à l’avant-poste avant les éclaireurs. Si Azit, Alexias, sur le dos de Pégase, et Cabiyari, sur la mouche d’ébène reçue de Morgion, purent voler jusqu’au bas de la montagne, Arkos se servit de ses bottes magiques pour se jeter littéralement en bas de la montagne tandis que Kelsea, combinant athlétisme et acrobaties, le suivait non loin derrière.

Arrivés au fort avant le coucher du Soleil, les compagnons alertèrent le bozak et la dizaine de baaz présent du danger imminent. Le brasier d’alerte, qui devait être visible jusqu’à la capitale, fut allumé malgré la pluie froide et les cinq compagnons se mirent en route pour intercepter les quatre cavaliers avant qu’ils ne rejoignent le corps de leur armée.

Suivant discrètement les traces de chevaux, Kelsea retrouva trois des membres du quatuor à l’abri dans l’entrée d’une caverne naturelle. Une naine armée d’un long bâton de métal faisait la conversation à un chevalier solamnique en armure lourde tandis qu’une elfe magnifique s’occupait de desseller les montures. Si le coup de foudre existe, Kelsea le ressentit à ce moment-là, restant figée de nombreuses secondes devant la beauté de l’elfe. Reprenant ses esprits et se maudissant d’être restée vulnérable en territoire hostile, la voleuse fit signe à ses collègues d’avancer pour s’en prendre aux trois cavaliers désarçonnés.

Sitôt sortis du bosquet où ils se cachaient, Alexias et Cabiyari reconnurent la dame elfe comme Alhana Starbreeze, ancienne reine de Silvanesti. Combiné aux divinations effectuées lors du séjour dans le village des dieux, cela impliquait que le chevalier en armure n’était nul autre que Chester. Ne comprenant pas comment un être aussi vil pouvait frayer avec quelqu’un d’aussi pur, les compagnons s’entendirent d’un signe pour capturer leurs opposants vivants.

Cabiyari ouvrit les hostilités en invoquant un mur de pierre coinçant Chester et la naine à l’intérieur de la caverne. À ce moment, un archer au visage couvert par des bandelettes tomba d’un arbre pour cribler de flèches le groupe d’assaillants. Alhanna dégaina son épée pour se placer entre lui et ses adversaires le temps que ses deux autres alliés ne la rejoignent par une autre issue.

La naine se défendait en invoquant des manifestations primales dont plusieurs étaient identiques à celles de Cabiyari. Contrairement à ce dernier, elle maniait également la magie divine lui permettant de guérir ses alliés à distance. Blessé au visage par Azzit, l’archer perdit une partie de ses bandages, révélant une peau rougeâtre et cicatrisée faisant penser à un hobgobelin. Étrangement, lui et Alhanna conversaient en elfique durant le combat. Chester arriva quelques secondes plus tard, maniant son épée bâtarde de main de maître et portant de puissants coups à ses adversaires.

Alhanna, l’archer et la naine tombèrent chacun leur tour sous les coups des compagnons. Arrivés à la hauteur de Chester, protégé par son bouclier et son épaisse armure, Arkos et Alexias échangèrent un regard complice et frappèrent à l’unisson pour achever le chevalier d’une paire de coups létaux. Enlevant son casque, ils ne découvrirent qu’un crâne décharné aux orbites vides remplies d’une faible lueur rouge.

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Où on revient à nos origines

Après près de deux ans passés en leur compagnie, les avatars des dieux commençaient à faire sentir à ceux que l’on nomme les compagnons de Robann que leur temps dans le plan astral était compté. La conjontion des trois lunes Solinari, Lunitari et Nuitari allait bientôt leur permettre de retourner facilement vers le plan matériel.

Après avoir reçu quelques derniers conseils et bénédictions de la part des dieux, les compagnons se tenaient près à rentrer chez eux en compagnie de la liche Thulzar. Le plan était qu’Alexias Mordren aille à Robann puis à Teyr pour avertir les gens de ce qui avait été appris lors du passage chez les dieux pendant que les autres iraient investiguer le possible rassemblemennt de soldats solamniques autour de Kalaman.

Au moment de la conjonction des lunes, le village des dieux se dissiipa et Arkos, Azzit, Kelsea et Cabiyari se retrouvèrent au centre de la place publique de la ville portuaire. Même aux alentours de minuit, plusieurs habitants fêtaient dans les rues pour célébrer la Nuit de l’oeil. Beaucoup d’autres s’étaient plutôt enbarrés chez eux le temps que passe cette nuit de débauche et de débordements.

Les compagnons tentèrent d’abord d’infiltrer le bureau d’Ekatrine des cinq voiles pour voir qui Kallista Falken avait pu être envoyée assassiner dans les derniers mois. Une liste des escortes de la guide d’Ekatrine et de leur clients indiqua que Kallista avait très souvent rendez-vous avec Nicholas Viklaus, le grand prêtre de Kiri-Jolith de la ville. Un coup de boule de cristal permit cependant à Cabiyari de confirmer que le prêtre était encore en vie. Pire, il était dans une tente en train de bénir des armures solamniques et des armes, dont deux lances dragon.

Les portes de la cité étant fermées , les héros de demandaient où aller ensuite quand le bruit d’une vitrine fracassée attira leur attention. Le son venait du magasin de Shala Mer-Kane, qu’on savait avoir vendu des cartes de la région de Teyr à un chevalier de Solamnia. Les trois bandits qui avaient cassé la fenêtre étaient déjà en train de fuir avec des sacs chargés de cartes et de pièces d’acier. Rapides qu’ils étaient, les trois voleurs n’étaient pas de taille face aux pouvoirs et et aux objets magiques épiques des compagnons. En moins de deux minutes de course sur les toits, ils furent tous rattrappés et arrêtés.

Profitant du prétexte pour aller chez Shala Mer-Kane, les compagnons prirent le temps de l’interroger sur les ventes de cartes aux solamniques. Loin de s’en cacher, elle se vantait presque de la transaction qui montrait, selon elle, à la fois son patriotisme et son sens des affaires. Cela confirma néanmoins que les Chevaliers de Solamnie avaient maintenant en leur possession nombre de cartes de Teyr anciennes et modernes. Les compagnons allèrent ensuite se reposer dans une auberge avant de poursuivre leur enquête.

Le premier arrêt du matin fut chez l’architecte Donald Copperplate, qui hébergeait temporairement Tasslehoff Tagalong. Il reconnut avoir trouvé dans ses affaires des plans pour un genre de canon, possiblement rapporté dont on ne sait où par le kender, mais ces plans avaient déjà été achetés par un officier solamnique qui correspondait en tout point à la description de Belgo Brenner.

Par la suite, Kelsea alla se faufiler dans le camp des chevaliers solamniques pour dénicher le chevalier de la rose Willem Uth Wyatt. Surpris dans sa tente, il allait alerter ses gardes lorsqu’il reconnut une de ceux qui avaient éliminé les goules de Dargaard Keep deux ans et demi plus tôt. Il donna rendez-vous au groupe d’eventuriers pour la fin de l’après-midi.

Sur la colline choisie par Wyatt, le chevalier attendait avec quatre écuyers en qui il disait avoir parfaitement confiance. Il montra les cartes ouvertement, indiquant que son détachement traverserait vers Teyr en coupant à travers les monts Astivar. Le départ pourrait sans doute se faire dès que les dragons promis en renforts arriveraient. D’autres forces seraient sûrement mobilisées par d’autres chemins par mer ou par terre. Wyatt admit ne pas avoir compris ce qui poussait Jaymes Markham à préparer un opération militaire en Teyr à peine deux ans après avoir reconnu la frontière nord de la nation, mais il n’osait pas remettre en question l’autorité ou la compétence de son empereur. Il promit tout de même de trouver quelqu’un pour enquêter et voir si le vieil empereur n’était pas manipulé par un de ses conseillers.


Alors qu’ils se demandaient où aller ensuite, chacun des quatre héros reçut un message télépathique de la part de Granak Rouge-Argent. Le ministre de l’information de Teyr savait par Alexias que les autres compagnon étaient revenus sur Ansalon et il les convoquait à son bureau pour le lendemain soir.

Un cercle de téléportation plus tard, on était donc revenu à Teyr. Granak invita les compagnons à entrer dans son bureau et ferma toutes les portes et tous les volets. Il savait déjà que quelque chose se tramait avec les solamniques dans le nord et l’armée de Teyr avait commencé à se mobiliser dans le nord, mais sans qu’on ne leur dise pourquoi.

Mais Granak était également préoccupé par ce qui se passait dans les environs du Mont Brego. Contrairement à ce que tout le monde croyait, le services secrets de Teyr continuaient ày envoyer des éclaireurs et certains revenaient en vie, mais le dernier à être revenu, seul survivant d’un groupe de cinq, avait parlé de draconiens difformes et monstrueux avant de succomber à ses blessures. Craignant qu’il ne s’agisse de l’oeuvre d’une autre aberration cosmique et craignant encore plus de devoir y faire face en même temps qu’à l’armé solamnique, Granak demanda aux compagnons s’Ils ne pouvaient pas aller y jeter un oeil eux-mêmes.

C’est ainsi que le groupe se retrouva dès le lendemain à escalader les parois abruptes des monts Astivar. Avec le givre qui recouvrait certaines parois, cela aurait put être un exercice extrêmement périlleux, mais les compagnons avaient énormément gagné en habileté depuis leur dernier séjour en montagne. Voilà sans doute pourquoi Granak n’envoyait que des kapaks, bozaks et sivaks, tous capable de voler, dans ces missions de reconnaissance.

Tout ce passa pour le mieux lors de la première journée. Le lendemain matin, cependant, alors que les compagnons s’apprêtaient à passer dans un col entre deux rochers, le sol se mit à trembler sous leurs pieds. Ils n’eurent que le temps de sortir leurs armes avant qu’un immense mille-pattes blanc de cinq mètres de haut ne surgisse du sol. De son corps émanait une aura de chaleur extrêmement intense. On reconnut la bête comme un remorhaz, prédateur ayant la dangereuse manie d’avaler ses proies en une bouchée. Pour couronner le tout, deux génies du feu descendait des nuages pour s’en prendre eux aussi aux proie de l’Insecte géant.

Tous les efforts des compagnons furent d’abord tournés vers le remorhaz afin de l’empêcher de dévorer qui que ce soit. La bête mise hors d’état de nuire pour la première moitié du combat, les génies essayèrent tout de même de lancer flamme après flamme sur les petits humanoïdes, mais Arkos en bloqua la plupart avec son boublier alors qu’Azzit était essentiellement immunisé au feu grâce à l’armure en écailles de dragon rouge trouvée dans le plan astral. Une fois réveillé, le remorhaz se débatti pendant une quinzaine de secondes avant de mourir. Les génies esquivèrent des attaques un peu plus longtemps mais, ayant eux-mêmes de la difficulté à blesser leurs adversaires, les compagnons ne perdirent essentiellement que du temps.

Le temps de se remettre de ce combat, les membres du groupe remarquèrent qu’Ils étaient observés par une grande elfe aux cheveux d’un blond platine. Vêtue d’une cotte de maille et portant une épée à la hanche et un grand livre à l’autre, elle semblait soulagée, voire même ravie, que les monstres de feu n’aient fait aucune victime. Étrrangement, elle semblait particulièrement heureuse de voir Azzit.

Vite cribblée de questions, elle se présenta comme une chercheuse du nom Ascandia, particulièrement intéressée par la question des draconiens femelles et cherchant, entre autres choses, à trouver comment augmenter leur proportion au sein de la population de Teyr. Son laboratoire était quelques centaines de mètres plus haut, à un sommet du mont Brego et, oui, elle avait vu des créatures ressemblant à des draconiens difformes dans les environs.

À force de répondre aux interrogations par rapport ;a la présence d’une elfe à la frontière de Teyr, Ascandia finit par se faire piéger dans les questions de Kelsea et parler des draconiens à la première personne. Lâchant un grand soupir d’Inconfort, elle reconnut qu’elle pourrait toujours rouver une autre forme un de ces jours et pris soudainement l’apparence d’une draconienne sivak. Cela pouvait expliquer davantage ses intérêts de recherche et son attraction pour Azzit.

Ne souhaitant pas laisser partir de sitôt ceux qu’elle venait de rencontrer, Ascandia leur proposa éventuellement de venir visiter son laboratoire. Il se trouvait dans une petit fort très ancien et vraisemblablement d’origine naine. Malgré la faîcheur de la montagne en cette fin d’année, l’intérieur ne semblait pas être chauffé et le hall d’entrée était pratiquement dépourvu de quoi que ce soit.

Derrière une porte qu’Ascandia fit promettre aux autres de ne pas franchir, elle leur montra une vingtaine d’oeufs gris metalliques, tous au moins aussi gros que la tête d’un humain. Elle raconta qu’il s’agissait principalement d’oeufs non fécondés trouvés dans des nids abandonnés par les parents pendant la purge des dragons et qu’elle tentait de comprendre comment des draconiens femelles pouvaient être créés à partir d’eux.

Pour répondre aux questions de Cabiyari, que les oeufs intéressaient peu, mais qui voulait savoir où se trouvaient les aberrations, Ascandia indiqua qu’Il se trouvaient surtout dans les ruines plus grandes juste au-dessous du cratère du mont Brego. Malheureusement, c’est aussi là que se trouvait la plus grande concentration de créatures de feu. Elle leur suggéra d’aller y jeter un coup d’oeil, mais demanda si Azzit ne pouvait pas rester avec elle pendant qu’ils s’aquittaient de cette tâche. Les compagnons acceptèrent étrangement rapidement et sortirent du fort pendant qu’Ascandia commençait à faire visiter ses quartiers à Azzit.

Si les compagnons avaient été si prompts à laisser Azzit seul avec cette inconnue, c’est que Cabiyari et Kelsea avaient tous deux décelé plusieurs incohérences dans son discours., notamment en ce qui avait trait à l’origine des oeufs et de leur utilisation. Aussi subtilement qu’elle le put, Kelsea se glissa dans le cadre de porte. Quand elle vit Azzit et Ascandia entrer ensemble dans la couveuse, Kelsea s’approcha silencieusement pour écouter ce qui se disait à l’Intérieur.

Dans la salle, Azzit était moins coopératif qu’Ascandia ne l’espérait. Il refusait de servir d’assistant pour quelques recherches que ce soit tant qu’elle ne lui aurait pas dit ce qui était arrivé aux multiples patrouilles de draconiens disparue au mont Brego. Le commandant étant plus convainquant que jamais, Ascandia finit par c.éder. Elle se résolut à lui monter si Azzit promettait de ne pas paniquer. De quelques gestes et parloles arcanes, elle souleva le dessus d’un oeuf pour l’ouvrir comme s’il s’agissait d’un couvercle. Se penchant plus près pour observer l’intérieur, Azzit y vit la tête ratatinée d’un autre sivak. Promesse ou pas, il s’apprêtait à appeler à l’aide et à sortir son arme, mais Ascandia l’avait vu venir et elle dégaina son épée bien avant lui.

Heureusement pour Azzit, Kelsea avait tout entendu et s’était empressée de donner le signal à Arkos et Cabiyari. Le minotaure traversa la hall d’entrée d’un élan et fracassa la porte de pierre de la couveuse d’Un solide coup de tête. Ascanda n’eut pas le temps de lever son arme avant d’être jetée au sol par Cabiyari et assommée par Kelsea.

Le temps qu’elle ne se réveille, on lui avait déjà enlevé son arme et son livre. Se relevant au centre d’un groupe d’aventuriers armés, elle n’eut d’autre choix que tout déballer devant eux. Elle expliqua qu’elle tentait de rescuciter les draconiens tués pas les monstres de la montagne à partir de leurs restes, mais qu’elle n’avait connu que des échecs jusqu’à maintenant. Si ses paroles sonnaient vraies, le fait qu’elle soit passée à deux doigts de frapper Azzit dans le dos empêchait qu’on ne lui accorde la moindre confiance.

En effet, dès que la position des compagnons autour d’elle lui laissa l’espace nécessaire, elle leva les bras en l’air et, poussant un rugissement impressionnant, se mis à grossir jusqu’à se transfirmer en l’un des plus gros dragons jamais vus par le groupe. Bien que ce dragon-là ait eu des écailles d’argent, la nature de ses intentions faisait d’elle un créature bien loin du bien.

Paralysée par la peur, Kelsea dut laisser ses compagnons se débrouiller seuls un instant. Cabiyari conjura ses vignes animée qui avaient si bien servi contre les dragons par le passé. Arkos et Azzit fonçaient vers la bête, essuyant quelques coups de griffes et de dents au passage pour frapper de concert. Les armes naturelles du dragon et son souffle glacial multipliaient les blessures infligées mais, à moins d’un miracle, il était clair qu’Ascandia ne remporterait pas le combat.

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