Dragons d'un bayou perdu

Dans le Grand Marais

Après avoir passé la nuit coincés dans une grotte en bordure nord du Grand Marais pendant un violent orage, Arkos et Azzit-Khas essayaient tant bien que mal de déplacer les troncs d’arbres morts qu’un léger glissement de terrain a envoyés bloquer l’entrée. En attendant, le reste du groupe (sauf Thomas) s’en est allé exploré les tunnels partant du fond de la grotte à la lumière de leurs torches. Ils découvrirent les restants de l’exploitation d’un petit filon d’aigue-marines, et les restants de son propriétaire. Étrangement, même si les outils ne semblaient avoir que quelques semaines de rouille, il ne restait du mineur que le squelette. Et encore, tous les os plus bas que le bassin semblaient avoir eu le temps de se décomposer en compost. L’explication se fit évidente quand Kelsea vit quelque chose bouger dans l’ombre et que le groupe dût se défendre contre un groupe de oozes. Même si celles-ci sécrétaient un fort acide, la magie d’Agrivos se trouva encore plus caustique et parvint à écorcher les créatures sans être affaiblie. Mais quand il essaya de cracher des flammes sur les vases vertes, qu’on dit vulnérable à la lumière et à la chaleur, Agrivos fut pris d’une quinte de toux et de fièvre et ne put faire autre chose du combat que de supporter ses alliés et éviter les coups.

Pendant ce temps, profitant de la distraction, un étrangleur s’était faufilé au-dessus d’Azzit-Khas et tenta de l’étouffer en le serrant à la gorge. Heureusement, Azzit et Arkos se débarrassèrent assez vite de l’assaillant pour courir à la rescousse de leurs compagnons. Pour ce qui est d’Agrivos, sa rechute même après un rituel de guérison semblait indiquer clairement que la maladie l’affligeant n’était pas d’origine naturelle, et que sa puissance magique était supérieure à celle de Meric ou du mage qui avait créé le parchemin de guérison. Après l’aveu d’Arkos et Azzit-Khas qu’il leur faudrait encore plusieurs heures de travail pour dégager l’entrée de la grotte, le groupe décida plutôt de suivre le tunnel creusé par le ruissellement des eaux, non sans avoir pris le temps de ramasser toutes les aigues-marines déjà dégagées par le malheureux mineur.

Le tunnel suivi étant passablement praticable, personne n’a dû user de ses talents de contorsion ou d’escalade, et même le diplomate nauséeux et le mage aveugle ont réussi à suivre sans trop de difficulté. Et si l’eau montait parfois assez haut, ce ne l’était pas assez pour faire perdre pied à qui que ce soit, sauf pour le diminutif Meric, qui semblait plus amusé qu’autre chose de devoir faire quelques longueurs.

Le tunnel déboucha enfin sur un étang au beau milieu du Grand Marais. Alors qu’ils regardaient autour d’eux pour essayer de s’orienter, le groupe fut alerté par les appels à l’aide effrénés d’un gnome transporté par un groupe de bakalis. Voulant voir s’il était possible de secourir le gnome sans effusion de sang, Alexias et Azzit ont tenté de discuter avec celui qui disait parler au nom du groupe. Curieusement, il s’agissait d’un des chasseurs plutôt que du chaman qui les accompagnait. La négociation a tourné court quand les compagnons se rendirent compte que les hommes-lézards recherchaient des magiciens et que le marchandage en cour concernait le prix de Tomas et Agrivos. Pour défendre leurs amis, les cinq voyageurs en état de se battre ont grimpé sur les bords de l’étang pour éliminer les bakalis. Fait à noter: le chasseur ayant mener les négociations est aussi celui qui semblait en charge de la tactique et de la coordination de ses troupes en combat. Le chaman se contentant de suivre les instructions et de bombarder les ennemis à distance, le regard vague, sans jamais laisser paraître la moindre émotion ou émettre le moindre son.

Après le combat, le gnome – Nigel de son nom «humain» – remercia ses sauveurs profusément et offrit de les conduire à son village où il pourrait les récompenser adéquatement. Le groupe atteint donc ainsi, toujours sous la pluie, le village gnome de Picketville – quelques trois cents gnomes ayant prêté allégeance au grand dragon nommé Goudron – construit en plein Marais, sur la côte de la Mer d’Istar. Alors que Nigel faisait fièrement la démonstration de ses dernières avancées technologiques sur la projection des explosions, Alexias et Meric ne purent s’empêcher de remarquer que les habiletés de Nigel n’étaient rien d’autre que des sorts et des rituels arcanes. Cela mena le groupe à faire un lien entre ceux qui avaient été infectés par la chose s’étant prise à Tomas et Jenn, entre autres. Tous étaient soit des magiciens, probablement tous arcanistes, soit des draconiens, descendants directs de dragons, qui sont les plus puissants sorciers naturels qui soient. Parlant de dragons, ceux qui auraient regardé vers le large avant d’aller joindre les gnomes pour le repas y aurait vu trois dragons semblant valser entre les éclairs produits par l’orage. Ceux avec une bonne vue et une tout aussi bonne connaissance des dragons les auraient reconnu comme étant des dragons bleus, probablement des jeunes adultes. Les dragons étant par nature des êtres solitaires, en voir deux du même type qui ne se combattent pas signifie généralement qu’on a la chance d’observer un couple éphémère. Voir trois dragons adultes agir ensemble, cependant, n’est jamais une coïncidence.

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Du trouble tout autour
Où les patrouilles autour de Robann révèlenet ennemi après ennemi
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