Dragons d'un bayou perdu

Épilogue

Allabar vaincu, les compagnons revinrent sur Krynn dans leurs forteresses volantes en forme de golems. Si ce n’était plus qu’une question d’heures avant que les mages à bord tombent de fatigue ou de déshydratation et que les constructions ne redeviennent immobiles, le groupe fit tout de même une escale avant de retourner à Teyr. Se posant entre l’Abanasinie et Thorbardin, les cinq golems réduisirent en miettes la colline de Skullcap, ruines de l’ancienne forteresse du mage noir Fistandantilus. Plus personne ne perdrait sa vie ou son âme dans la tombe de la liche.

Quelques heures plus tard, le quintet était de retour à l’extérieur de la ville de Teyr, pas trop tôt, car plusieurs des compagnons commençaient à avoir de la difficulté à contrôler ou coordonner les mouvements de leurs golem. Si les gens présents ne savaient pas trop comment accueillir les héros, un groupe de kenders qui personne n’avait invité commença spontanément à crier et à applaudir. L’effet de vague se propagea à travers toute la foule et des centaines de personnes offrirent aux compagnons une ovation qui dura dix bonnes minutes.

Après coup, une des seules personnes qui n’avait montré aucun enthousiasme, Dalamar le Sombre, s’avança vers les golems. Insinuant qu’il restait encore une tâche à effectuer pour lui avant que la mission ne soit terminée, l’elfe reçut bien vite les insultes et les menaces des compagnons, ainsi que de plusieurs des gens présents dans la foule. Méprisant, il rappela également que c’était lui qui avait lancé le rituel scellant les cinq âmes dans les golems et qu’Il avait tout le loisir de les détruire s’Il sentait sa vie vraiment menacée. Néanmoins, il promit de restaurer les compagnons à leur état normal dès le lendemain, ce qui permit au moins aux héros de prendre enfin un peu de vrai repos.

À la levée du jour, Dalamar revint avec un groupe d’humanoïdes de races variées en robes argentée qui étaient clairement mal à l’aise de se tenir en présence du mage noir. Leur leader, présenté comme le chef des mystiques de la Citadelle de la lumière, avait amené le matériel nécessaire pour réaliser un rituel permettant d’extraire les âmes des héros et de recréer leurs corps, ce qui équivalait à les ramener d’entre les morts. Un par un, les héros sortirent de leur forteresse en compagnie des deux mages qui avaient aidé chacun d’entre eux à faire fonctionner les golems. Tous étaient dans un état physique lamentable, à peine capable de marcher ou d’aligner deux mots, mais les mystiques leur assurèrent que cela passerait avec quelques jours ou peut-être quelques semaines de repos.

Bien que les héros du jour durent y participer en restant étendus sur des brancards, un grand banquet fut rapidement organisé, avec assez de nourriture, de boisson et de musique pour les quelques cinq cents personnes réunies, banquet pendant lequel une Alhana Starbreeze un peu éméchée aurait été vue en train de flirter avec son garde du corps Orexas.

Pendant les jours de convalescence qui suivirent, les compagnons et leurs alliés eurent tout le loisir de discuter de leurs plans pour l’avenir à court et à moyen terme.

Arkos prit le temps de discuter avec les envoyés de l’empire minotaure venus symboliquement prêter main forte aux efforts de la coalition. Reconnaissant les multiples exploits du guerrier, ils offrirent de payer les réparations du Nécrophore à la condition qu’Arkos et son équipage prêtent allégeance à l’empereur en tant que corsaire. Arkos les surprit en faisant immédiatement une contre-proposition. Du haut de l’espace, il avait aperçu un autre continent, loin au nord-est d’Ansalon. Il offrit de partir à sa découverte pour le compte de l’empire minotaure. Confiants, les émissaires promirent d’en glisser mot à l’entourage de l’empereur. Deux mois plus tard, un message revenait à Robann pour avertir Arkos que son navire serait modifié pour les voyages océaniques et que le départ d’une expédition vers le continent inconnu était planifié pour le début de l’année suivante.

Azzit eut la chance d’être la cible d’enchères entre le gouverneur Kang et le général Slith, qui espéraient tous deux qu’il travaille pour eux. Azzit accepta finalement l’offre de promotion au grade de colonel que lui offrait Slith, mais à une condition. Il voulait être responsable des travaux entourant la forteresse volante qu’était en train de redevenir le Château Aeries. Devant les inquiétudes de Kang que l’utilisation d’une forteresse volante ne pousse d’autres nations comme Taman Busuk à entreprendre des actions hostiles envers Teyr, Azzit répliqua qu’il préférait s’en servir pour aller explorer le continent mystérieux pour le compte de la nation draconienne. Slith répondit que jamais il n’avait été aussi fier d’un de ses fils.

Alexias s’entretint longtemps avec Silver Claw, le commandant de la Légion d’Acier. Ayant fait ses preuves encore et encore, Alexias se fit offrir d’être plus qu’un simple agent de la Légion. Silver Claw le voyait bien un jour diriger une cellule et lui proposa de devenir immédiatement le second du commandant de la région de son choix. Après réflexion, Alexias choisit de demeurer dans la région de Teyr, où les changements de politiques externe allaient nécessairement donner du travail aux légionnaires présents. Avant de commencer ses nouvelles tâches, Alexias tenait cependant à prendre quelques mois de repos. Sur le dos de Jolt, il allait amener Jenn à la Citadelle de la lumière où, espérait-on, les mystiques arriveraient à guérir les dégâts que les aberration avaient faites sur la mage, après quoi ils reviendraient s’établir dans la ville de Teyr.

Après toutes ces années passées à l’extérieur de son marais, Cabiyari envisageait mal de retourner y passer le reste de sa vie. Son chef Borom comprenait bien cela et proposa un compromis : Cabiyari reviendrait en Qwalmish le temps de former un ou deux futurs chamanes, puis il serait libre d’aller où bon lui semble, mais toujours le bienvenu en Qwalmish. Après ces deux ou trois années, Cabiyari envisageait déjà de retourner aux ruines de Qualinost pour détoxifier le Lac de la mort et permettre à la vie d’y retourner. Entretemps, il put résoudre un autre mystère. À l’aide de divinations et de l’esprit de son ancien mentor Arawan, Cabiyari déduisit l’identité de celle qui s’était fait passé pour Yucuna la veille de son départ vers les étoiles. Tout pointait dans la direction de l’avatar de Chislev. La raison d’un tel comportement de la part d’une déesse restait inconnue.

Quant à Kelsea, elle fut approché par Eldred Steelbrim et tout le reste de son ancienne bande : Jenn, Samm Vardan, Claudia Boricua, Heckelle et Jeckelle. D’un commun accord, il avait été décidé de passer les commandes de la troupe d’Eldred à Kelsea. Comme premier assignement, Eldred fit remarquer que plusieurs des anciens membres de la troupe manquaient encore à l’appel. Il serait sans doute bon de retourner en Taman Busuk pour les retrouver ou venger leur mort, selon le cas. Kelsea accepta, mais demanda à rester à Robann encore six ou sept mois. Sur la même lancée, elle annonça ce que plusieurs avaient déjà remarqué : qu’elle attendait un enfant. Si les circonstances de sa conception étaient nébuleuses, Kelsea racontait à qui voulait l’entendre qu’elle était tombée enceinte d’un dieu. Heureuse d’avoir un enfant, mais non désireuse de l’élever elle-même, elle convient de le faire adopter par Jenn et Alexias.

Parmi les autres acteurs de la campagne :

Anaximène est reparti à Zaradene pour recréer l’ancien Ordre du sigil, au cas où d’autres invasions extraplanaires menacent un jour Krynn.

Le capitaine Laschaar a officialisé son rôle en tant que corsaire à la solde de Teyr. Grâce à elle, les eaux du Miremier sont libres de quiconque voudrait s’en prendre à Robann ou au reste de la nation. Elle est appuyée entre autres par Samm Vardan et les elfes Marianna et Merianna.

Tomas Bolen quitte la ville de Robann et laisse le maire Hiyan Lobcrow se trouver un autre secrétaire. Bolen déménage à Teyr où il trouve un poste auprès de la Légion d’Acier, qui commence tout juste à agir ouvertement.

Jenn œuvre peu pour pousser ses talents magiques plus loin que ce qu’elle maîtrisait déjà, mais Tomas Bombyx se lance corps et âme dans les études arcanes. Déménagé à la Tour de haute sorcellerie, il devient un disciple prometteur de Jenna et Dalamar.

Pour ce qui est de Dalamar, il a toujours en sa possession le crâne de Fistandantilus et l’âme de Thulzar. Ce qu’il a l’intention d’en faire ne regarde personne.

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La fin d'une étoile
Où on évite un désastre

Après avoir combattu la deuxième vague de créature aberrantes envoyées par Allabar, les compagnons de Robann commençaient â être à bon de souffle et à court de ressources. À la suggestion d’Azzit, il fut décidé de se cacher dans le champ d’astéroïdes où avait eu lieu le dernier combat et d’essayer de se reposer quelques heures pour être prêts à affronter Allabar.

Le repos fut cependant de bien courte durée. Malgré tous les efforts de Kelsea pour dissumuler le groupe, les aventuriers furent bientôt la cible d’une autre attaque. Seule la vigilance d’Arkos fit en sorte que les monstres ne réussissent pas à prendre le groupe par surprise.

Contrairement à ce qui avait été combattu plus tôt, les monstres en questions n’étaient pas des aberrations. Deux d’entre eux étaient plutôt des types de démons anciens et très puissants. Le troisième fut reconnu par Alexias comme Kazuul, un ancien acolyte du dieu Reorx, corrompu dans des circonstances nébuleuses pour devenir un avatar de la destruction. L’histoire raconte qu’il avait été scellé dans une prison inviolable, mais Allabar avait apparemment réussi à l’ouvrir et à faire de Kazuul son serviteur.

Le second combat entre les astéroïdes fut encore plus long et difficile que le premier, notamment à cause d’un des démons à la cuirasse de métal capable d’ignorer tout sauf les plus puissantes attaques. Coordonnant leurs attaques et se concentrant sur un ennemi à la fois, les compagnons en sortirent néanmoins vainqueurs.

Azzit relança l’idée d’un peu de repos, mais Cabiyari écarta bien vite cette idée en pointant la lune blanche Solinari. Sur sa surface avançait un petit point noir à peine perceptible. La tâche était trop petite pour être la lune noire Nuitari, qui ne devait entrer en conjonction avec Solinari que dans trois jours de toute façon, mais une partie du problème se corrigea d’elle-même quand le cercle noir commença à grossir. Le druide en déduit tout de suite que l’objet était en train d’approcher. Vu sa taille, il ne pouvait s’agir que d’Allabar.

Les compagnons se préparèrent donc au combat final en ingérant rapidement la moitié des potions magiques qu’ils avaient collectées au cours des derniers mois passés sur Krynn. Quelques minutes plus tard, Allabar était sur eux : une sphère rocheuse de quarante mètres de large, couvertes d’yeux et de tentacules de toutes tailles.

Fonçant le premier, Arkos percuta le planétoïde et le déstabilisa. Il fut vite suivi de ses compagnons qui, aidés par les encouragements d’Azzit, purent tous attaquer avant qu’Allabar n’ait eu la chance de blesser qui que ce soit. Répétant la stratégie qui avait si bien fonctionné dans le combat malencontreux contre le dragon Mohrlex, les aventuriers utilisèrent leurs techniques parmi les plus difficiles, mais qui permettaient de sonner Allabar ou de bloquer ses attaques près de la moitié du temps.

Dès qu’il le pouvait, Allabar faisait par contre déferler les attaques aberrantes. Par le coup d’un seul tentacule, il figeait un adversaire sur place dans l’espace. Pire encore, un assaut psychique fréquent lacérait le cerveau des ennemis tout en faisant pousser sur leur corps des tentacules qui s’en prenaient aux autres compagnons. Pour couronner le tout, ceux qui tentaient de se tenir à distance d’Allabar était inexorablement attirés vers lui par une gravité qui croissait à mesure que le combat durait. Douloureusement, les héros arrachaient les tentacules aussi rapidement qu’elles poussaient.

Profitant d’une pause de quelques secondes dans les attaques d’Allabar, les compagnons le bombardèrent de zones. Cabiyari conjura sa fidèle zone de vignes tandis qu’Azzit protégea trois de ses alliés derrière des murailles éthérées fit apparaître un nuage de lave autour d’Allabar. Quand le groupe arriva à cours de moyens de bloquer complètement l’aberration, Alexias prit pour une seconde fois la forme d’un immense dragon bleu, cette fois presqu’aussi grand qu’Allabar. Quelques instants plus tard, Kelsea planta sa dague violemment dans un des yeux de la créature. Les compagnons furent tous soufflés plusieurs dizaines de mètres derrière par une vague d’énergie psychique. Une fois relevés, ils virent à la place d’Allabar un astre mort, les yeux cireux et immobiles.

Immensément lourd, il fallut se mettre à cinq pour déplacer le corps de l’aberration. Dans un effort collection, ils lui donnèrent une impulsion vers l’avant. Allabar s’éloignait maintenant doucement de Krynn. Si tout se passait comme prévu, il devrait foncer dans le Soleil dans une question de quelques années.

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Le dernier envol
Où on s'élance vers les cieux

Plusieurs mois après la visite dans la tombe de Fistandantilus, les cinq gigantesques golems de métal construits pour être envoyés combattre Allabar dans les cieux étaient enfin prêts à faire ce pour quoi on avait investi des centaines de milliers de pièces d’acier. Il n’était pas trop tôt, puisque la conjonction des trois lunes d’Ansalon permettant à Celui qui ouvre la voie de ressusciter toutes les aberrations célestes ayant causé tant de problèmes au cours des dernières années était prévue pour dans dix jours à peine.

Dalamar le Sombre était prêt à réaliser le rituel permettant de sceller dans des pierres l’essence des compagnons de Robann et de permettre à ces derniers de contrôler les golems de l’intérieur. Le principal problème est qu’il manquait encore deux magiciens divins assez puissants pour que ces constructions puissent quitter le sol, aller combattre Allabar à seulement trois relevant fort probablement du suicide.

Arkos apportant une partie de la solution en présentant aux autres une femme humaine dont l’apparence et les manières laissaient douter de la santé mentale. Cabiyari la reconnut presqu’immédiatement comme Nadège, la guenaude adepte de Zeboim qui avait autrefois mis les compagnons à l’épreuve pour leur montrer à quel point ils servaient sa déesse. Malgré les doutes de chacun, elle assura qu’elle avait à cœur la réussite de la mission à venir.

On multiplia les appels et les messages pour trouver le prêtre, druide ou mystique manquant, mais la solution arriva d’elle-même. À quelques centaines de mètres du chantier des golems apparut soudainement un immense démon entouré d’un essaim de diables en armure. Sur une épaule du plus grand se tenait Kara Sivert, l’autre supportant le mât d’un grand drapeau blanc. Des membres de plusieurs des factions présentes, nains, chevaliers solamniques et cavaliers de Nordmaar, notamment, se préparèrent à charger les intrus, mais Cabiyari et Azzit Kas se pressèrent de les raisonner tandis qu’Arkos, Alexias et Kelsea allaient leur barrer la route. Tout comme Nadège, il semblait que Kara soit venue se porter volontaire pour aider à vaincre Allabar, au vu et au su des autorités de Neraka, mais sans leur autorisations.

Les nouvelles venues formées sur ce qu’on attendait d’elles, les dix mages allèrent prendre place dans les golems de 10 mètres de haut. Dalamar commença ensuite le rituel qui permettrait aux âmes des cinq héros de Teyr de prendre possession des constructions. Alors que le rituel tirait à sa fin, Alexias, qui surveillait consciencieusement l’elfe noir pour s’assurer qu’il s’en tenait à ce qui avait été prévu, décela une aura d’illusion juste derrière Dalamar. Ayant averti Cabiyari, le druide fit apparaître Thulzar, la liche bannie dans le plan des aberrations par Dalamar des dizaines d’années auparavant. Il tenait une dague visiblement magique qu’Il s’apprêtait à planter dans le dos du mage concentré sur son rituel.

Grâce aux talents de coordonnateur d’Azzit, les héros purent agir avant qu’il ne soit trop tard et éloigner la liche de Dalamar. Alors qu’Alexias s’apprêtait à séparer la tête de Thulzar du reste de son corps, l’elfe demande qu’on lui laisse le coup de grâce, et il en profita pour piéger l’âme du warlock dans une des gemmes du crâne de Fistandantilus.

Alors que Dalamar allait chercher d’autres composantes alchimiques pour reprendre le rituel, le chantier fut de nouveau interrompu par un groupe d’aberrations venues s’assurer que le plan ne se réalise jamais, ou du moins pas avant une dizaine de jours. Le trio mené par une espèce d’hybride entre un ange et un diable disait agir pour s’assurer qu’Allabar puisse ramener leur maître et ses frères à la vie. Bien qu’on n’en ait pas eu la certitude, il semblerait qu’Il se soir agi d’autres des créatures de Caiphon. Quoi qu’il en soit, les trois ensemble étaient environ aussi forts que Caiphon lui-même. Un en particulier eut la chance de frapper Alexias d’Un coup critique deux fois de suite. Voyant le légionnaire s’effondrer sur le sol, le monstre puisa dans ses réserves d’énergie pour l’achever à grand coup de faux. Alors que Cabiyari se précipitait pour aller sauver in extremis son compagnon, Alexias se releva, se transformant en un grand dragon bleu de la taille de Jolt. Le dragon se battait avec les mêmes techniques qu’Alexias et, après le combat, ce dernier repris sa forme humaine, à l’article de la mort, mais toujours capable de tenir debout.

Revenu trop tard pour avoir pu aider au combat, Dalamar ordonna qu’on termine le rituel sur le champ avant qu’une autre interruption ne survienne. Laissant à peine le temps aux compagnons de reprendre leur souffle et de panser leurs plaies, il sortit à nouveau le crâne de Fistandantilus et le pointa tout à tour sur chacun des compagnons. Essayant de ne pas résister, les cinq se retrouvèrent piégé chacun dans une prison de cristal plongée dans les ténèbres.

Le supplice sembla durer plusieurs heures mais, éventuellement, la lumière commença à revenir. Autour de chacun des aventuriers se trouvaient quatre statues de taille humaine semblables aux golems géants. Tout autour, des dizaines d’humains, de draconiens et d’autres humanoïdes minuscules se pressaient pour observer. Le rituel de Dalamar avait fonctionné : les âmes des compagnons avaient bel et bien pris possession des golems.

Il fallut quelques heures de plus pour qu’un d’entre eux parvienne à faire bouger les membres de l’automate et au moins autant avant que quiconque soit capable de se déplacer avec un minimum d’adresse. Peu de temps après, les forteresses humanoïdes prenaient leur envol, alimentées par les mages à l’intérieur, et filaient droit vers la position calculée d’Allabar.

Bien avant d’avoir quitté l’atmosphère, les cinq golems furent assaillis par des centaines de monstres semblant venir d’en haut. Aussi différentes de difformes, aucune de ces dréatures ne posait vraiment de menace aux forteresses à elle seule, mais le lot d’entre elles aurait bien pu réussir à faire s’écraser les vaisseaux vers le sol. Alors que les compagnons prenaient peu à peu possession de leurs moyens, un vol de dragons de bronze et d’argent, menés par Willem Uth Wyatt arriva pour dégager le chemin. Ils furent rejoints par deux dragons bleus. Les deux beaucoup plus petits que les golems, il s’agissait pourtant de Jolt et de sa mère Corail. Un autre dragon, faisant cette fois près de la moitié de la taille des constructions, surgit des nuages pour ne faire qu’une bouchée des monstres devant lui. Mohrlex laissait ainsi le champ libre aux cinq héros.

Après avoir continué leur ascension jusqu’au point où le froid et le manque d’oxygène serait fatals pour n’Importe quelle créature vivante, les combattants se dirigèrent dans la direction générale des lunes Solinari et Lunitari. En chemin, il fallut traverser un champ d’astéroïdes de lusieurs kilomètres de large. Toujours aux aguêts, Arkos alerta à temps ses alliés de la présence de trois autres monstres cachés entre les rochers. Il s’agissait encore une fois de créatures différentes de tout ce qui avait vu sur Krynn auparavant. Entre un monstre ultra rapide aux membres tranchants comme des lames, une sphère drainant les capacités mentales des gens autour d’elle et un gargantuesque fauve translucide capable de faire des bonds dans le temps, les compagnons durent utiliser une grande portion de leur ressources simplement pour survivre contre ce qui semblait être la garde rapprochée d’Allabar.

Après le combat, les compagnons se posèrent sur le plus gros astéroïde en vue pour souffler un peu et repenser leur stratégie. Azzit en était même à estimer le temps qu’il faudrait pour revenir au sol, se reposer et retourner combattre Allabar. Après tout, si les gardiens avaient presque réussi à vaincre les compagnons, comment pouvait-on espérer celui qui les avait créés?

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Retour à la tombe des horreurs
Où on rend visite à un vieil ami

Suite à la défaite de l’émissaire de Caiphon à Mohrlextlan, des forces de partout sur Ansolon se réunirent aux alentours de la ville de Teyr. Aux forces de Teyr et de Solamnie et aux membres de la Légion d’Acier s’ajouta Mohrlex lui-même, entouré d’une petite délégation de bakalis et de gnomes de Picketville. Les nomades de Nordmaar mirent de côté leur haine des draconiens pour venir eux aussi en renforts.

Ce fut ensuite au tour de l’Abanassinie, puis des royaumes nains de Thorbardin et Thoradin, ainsi que des gnomes du Mont Nevermind d’envoyer des supports. Alhana Starbreeze se fit la porte-parole des elfes d’Ansalon et la marine marchande d’Ergoth dépêcha elle aussi un détachement de soldats.

À la grande surprise de tous ceux présents, les gobelins des Monts Astivar envoyèrent eux aussi une importante délégation portant armes et armures anciennes pour ceux qui iraient combattre Allabar. Même l’empire des minotaures, alerté par les soins de Khayr de-Aldin, envoya deux vaisseaux jeter l’ancre dans le Miremier.

Parmi les peuples importants de Krynn, seuls les ogres, les kenders et les chevaliers de Neraka n’étaient pas représentés.

Au fil des mois suivants, les nains, les gnomes et les draconiens mirent leurs talents de bâtisseurs en commun de façon inédite pour construire, sous la supervision des mages de l’Ordre de haute sorcellerie, cinq golems de pierre de près de dix mètres de haut. Conçus à la manière des forteresses volantes de jadis, ces constructions étaient creuses et devaient permettre à un des compagnons de Robann de les contrôler de l’intérieur.

Deux problèmes demeuraient cependant. D’abord, comme les anciennes forteresses volantes, celles nouvellement construites avaient besoin de deux magiciens puissants, un mage arcane et d’un prêtre divin, simplement pour réussir à quitter le sol. Même avec leur aide, le succès de la mission n’était pas assuré et une réussite ne voulait pas dire non plus que les héros parviendraient à revenir en vie sur Krynn.

Malgré les dangers, Jenn Eigersonn et Tomas Bombyx se portèrent immédiatement volontaires. Il en alla de même pour Nigel, le gnome artificier qui commençait à maîtriser la nature des explosions. Trouver le reste s’avéra plus difficile. Plusieurs, comme Leona Truly, Thesik ou les membres du conclave de haute sorcellerie invoquèrent, à tort ou à raison, les lourdes responsabilités de leurs postes, qu’ils ne pouvaient se permettre d’abandonner.

Au prix de quelques semaines de voyage et de négociation à travers le continent, on réussit tout de même à recruter des magiciens compétents et volontaires. Raggart le jeune, barde du peuple des glaces était prêt à risquer sa vie, tout comme Moraine Gravel, compagne d’armes d’Alhana Starbreeze. Malgré son attachement à sa femme et ses filles, Valantinius était lui aussi prêt à aller de l’avant pour leur assurer un meilleur avenir.

Une escale à Kalaman permit de dénicher deux autres candidats. Nicholas Viklaus accepta de de suivre les compagnons en échange d’une promesse d’effort conjoint Solamnie et Teyr contre les forces de Neraka.Jennetta Aurrafil se laissa aussi convaincre en échange d’un montant de 100 000 pièces d’acier qu’elle plaçait en fiducie au cas où elle ne devait pas revenir.

Il restait encore eux magiciens à trouver, mais il fallait d’abord s’attaquer au deuxième problème. Pour permettre à quelqu’un de prendre pleinement possession d’un des golems et de le contrôler à sa guise, il ne fallait pas moins que l’extraction de son âme et son confinement dans un focus matériel, or le seul à avoir jamais réussi un tel exploit était le mage noir Fistandantilus. Silver Claw avait déjà envoyé une équipe de mercenaires expérimentés vers la tombe des horreurs, mais aucun n’en était ressorti.

À contrecœur, les cinq compagnons retournèrent donc dans la ruine où Alexias avait jadis failli perdre la vie. Bien que des années se soient écoulées depuis leur dernière visite, les compagnons n’avaient pas oublié ce lieu sinistre rempli de pièges mortels. Étrangement, tous les pièges avaient été réinitialisés et tous les monstres vaincus avaient été remplacés par des créatures identiques ou du moins semblables.

La majeure partie du donjon fut traversée sans encombre, à l’exception de la chapelle macabre où Arkos eut la mauvaise idée de traverser une arche remplie de fumée que personne n’avait osé toucher la première fois. Il en ressortit une minotaure femelle portant l’équipement d’Arkos et chargeant aveuglément le reste du groupe. La rage meurtrière se dissipa éventuellement et, bien qu’Arkos voyait certains avantages à sa nouvelle apparence, il fonça de nouveau vers l’arche dans le but de renverser les effets. Il retrouva sa véritable forme, mais toutes ses possessions disparurent en même temps.

Après cet interlude désagréable, le groupe retrouva un passage secret dans lequel Kelsea dut se départir d’un anneau magique afin de progresser. Après avoir traversé la chambre aux potions, celle aux tapisseries et les corridors patrouillés par le mammouth de marbre, les compagnons se retrouvèrent dans la salle aux colonnes, La voleuse y retrouva une pierre de souhait identique à celle ramassés lors de la première visite et la ramassa aussitôt.

Quelques minutes plus tard, le quintet se trouvait dans la chambre secrète où on avait combattu la fausse liche capable de capturer les âmes. Le crâne se trouvait toujours au fond de la pièce, entouré de richesses variées comprenant les possessions d’Arkos. Quand on tenta d’attaquer le monstre, cependant, la créature disparut et la pièce se retourna dans tous les sens. Après avoir lutté pour sortir, les aventuriers se retrouvèrent dans une version inversée du la tombe des horreurs où les plafonds étaient devenus les planchers.

Dans ce second donjon, les pièges avaient redoublé en puissance et de nouvelles créatures avaient fait leur apparition. Les diables contraints par Fistandatilus à entretenir le donjon pouvaient ici prendre forme matérielle et s’attaquer physiquement aux intrus. Cinq grands diables et leurs larbins plus chétifs donnèrent du fil à retordre aux compagnons, mais Cabiyari invoqua la magie primale la plus puissante qu’il contrôlait pour les clouer au sol et les empêcher de se relever.

Plus loin, dans ce qui était l’équivalent inversé de la chapelle macabre, des créatures humanoïdes aveugles, parodies des premiers humains créés il y a des millénaires par Gilean et les dieux de la neutralité, tentèrent aussi de se débarrasser du groupe. Avec toujours plus d’un tour dans leur sac, les cinq guerriers parvinrent à mettre les êtres abandonnés hors d’état de nuire. Pour des raisons évidentes, personne n’osa toucher à l’arche remplie de brouillard bleu qui se laissait désirer dans un coin de la pièce.

De fil en aiguille, le groupe évita encore quelques pièges pour se rendre jusqu’à ce qui correspondait au hall d’entrée de la tombe. La sortie du tunnel donnait sur un espace complètement noir, comme un ciel de nuit sans lune ni étoile. De ce néant émergea un crâne flottant comme celui qu’avaient combattu les aventuriers autrefois. Contrairement à la dernière fois, Cabiyari décelait une grande intelligence. De même, la chose émettait encore une aura nécrotique, mais celle-là ne semblait rien avoir d’artificiel.

Dans les pierres faisant office d’yeux et de dents au crâne, six silhouettes correspondant à la description des agents de la Légion envoyés par Silverclaw. La créature, qu’on supposait être la véritable liche de Fistandantilus, passa rapidement à l’attaque en envoyant un mélange de rayons nécrotiques et de malédictions destinées à aspirer les âmes de ses victimes. Le simple fait de se rendre en mêlée avec le mort-vivant était périlleux compte tenu des multiples pièges qui ornaient encore le sol du corridor. Pire encore, à deux reprises, Fistandantilus absorba une des âmes en sa possession pour se guérir de ses blessures ou pour livrer une puissante décharge d’énergie. Plus d’une fois, un des compagnons sentit son âme commencer à se faire arracher, mais la présence d’esprit d’Azzit fit en sorte que personne ne succomba à la malédiction jusqu’au bout.

En corps-à-corps avec le crâne de Fistandantilus, malgré le sentiment de terreur qu’il suscitait à courte portée, les alliés réussir à le briser contre un mur et à retraverser le donjon avec leur trophée en main. Une fois remis à Dalamar, l’elfe noir devait théoriquement être capable de s’en servir pour enchasser les âmes des compagnons à l’Intérieur des golems et leur permettre d’aller combattre Allabar.

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À Mohrlextlan
Où il y a erreur sur la personne

Alors que Kang et ses alliés réfléchissaient à un moyen de lutter contre Allabar, les compagnons de Robann se concentraient plutôt sur la menace plus immédiate de la dernière aberration céleste sur Krynn: l’émissaire de Caiphon. De nombreux indices laissant penser que l’aberration avait réussi à posséder ou à remplacer le dragon noir Mohrlex, on commença à planifier une expédition dans le marais à l’est de Teyr.

Après une journée de voyage, le quintet arriva en vue du plateau où se trouvaient l’ancien colisée en ruines qui servait maintenant de palais à Mohrlex. Au pied du plateau, les deux villages de serviteurs du dragon, une tribu d’humains et une de bakalis, étaient sensiblement dans le même état que lorsqu’on les avait visités quatre ans auparavant.

L’accueil initial fut plutôt froid, voire même hostile, mais les tensions diminuèrent quand les compagnons furent reconnus comme ceux qui avaient aidé Mohrlex contre les aberrations quelques années plus tôt. S’il fut facile d’obtenir l’information comme quoi le seigneur des lieux était revenu d’un long voyage depuis une dizaine de jour, nombreux furent les barbares qui mirent en garde les compagnons à l’effet que Mohrlex s’était isolé dans son palais et qu’il avait ordonne de n’être dérangé sous aucun prétexte et sous peine de mort.

Il n’en fallait pas plus pour que les compagnons, pris d’inquiétude, se ruent au sommet du plateau, vers la porte d’entrée de l’ancien colisée. Devant celle-ci, deux magiciens hommes-lézards montaient la garde en compagnie d’un groupe de morts-vivants, ce qui était nouveau à Mohrlextlan. Prêts à dialoguer, mais également prêts à tirer sur quiconque s’approcherait de la porte, les sorciers répétèrent l’avertissement de Mohrlex. Au mieux de leur connaissance, le dragon était en train de réaliser un rituel qui ne pouvait souffrir d’aucune interruption.

Jugeant que de se prendre en combat contre les gardiens risquait de sonner l’alarme et de les affaiblir inutilement avant le probable combat contre Mohrlex, les compagnons essayèrent plutôt de trouver une autre entrée. À l’arrière du bâtiment, l’ancienne cour intérieure était inchangée, sauf pour la fontaine sacrée qui, comme celles de Zaradene et du Château du Mur de glace, était maintenant à sec.

En cherchant longuement malgré les gardes et les morts-vivants qui patrouillaient également de ce côté, les compagnons trouvèrent une deuxième entrée possible vers l’intérieur des ruines. L’issue était évidemment barricadée et scellée par magie, mais les membres du groupe réussirent à l’ouvrir en mettant leurs efforts en commun. Suivant ensuite les auras de magie et les sons d’incantation, les compagnons naviguèrent le labyrinthe des catacombes jusqu’à arriver à un escalier menant encore plus bas.

Le pied de cet escalier était couvert de pièces d’acier, de bijoux et d’autres richesses, mais ce qui frappa le plus les compagnons fut de voir Mohrlex en forme humaine réciter un rituel entouré de quatre bâtons magiques et, plus loin, de quatre bassins miroitant comme les fontaines sacrées d’Habbakuk l’avaient fait. Le rituel fut reconnu comme le rituel d’Ubiquité, celui-là même qui permettait à quelqu’un de se retrouver à plusieurs endroit en même temps. Si le prix à payer se comptait en années de vie, pour un dragon dont l’espérance se compte théoriquement en millénaires et pour qui la puissance augmente avec l’âge, l’effet serait phénoménal.

Alors que les compagnons croyaient avoir étés jusque là ignorés par Mohrlex, celui-ci profita d’une pause dans les composantes verbales du rituel pour se retourner sur place et leur adresser la parole. Plusieurs fois, il les invectiva de partir, leur assurant que ce qu’il faisait était pour le plus grand bien d’Ansalon. On sentait bien que la seule raison pour laquelle le dragon n’attaquait pas directement était pour ne pas avoir à recommencer le rituel depuis le début.

Les compagnons ne réussirent pas à détecter la présence d’une aberration, l’attitude de Mohrlex, arrogante même pour un dragon, laissait planer un doute. Avant que ce dernier n’ait la chance de prendre la forme draconique, les héros de Robann foncèrent vers lui, utilisant leurs techniques de combat les plus fortes pour empêcher Mohrlex d’agir. Après avoir reçu quelques volées de coups, Mohrlex prit enfin sa forme draconique de six mètres de haut, couvrant la caverne de ténèbres et les compagnons de jets d’acide. Le combat devenait beaucoup plus équilibré, mais les compagnons avaient déjà une longueur d’avance et ils réussirent à faire perdre conscience au dragon.

Une nouvelle analyse confirma qu’il n’y avait pas la moindre trace de corruption aberrante sur Mohrlex. Pourtant, les divinations sur Caiphon avait bel et bien montré le dragon en forme humaine en train de préparer un rituel. C’est en fouillant dans les richesses de Mohrlex que quelqu’un trouva un passage secret scellé. De construction récente et peut-être utilisé une seule fois, il menait encore plus profondément sous les ruines.

Au plus profond de Mohrlextlan attendaient quatre créatures. Une ressemblait à une parodie d’un ange, une autre à celle d’un diable ou d’un démon, la troisième avait l’air d’un grand élémentaire de néant et la dernière n’était nul autre que la forme humaine de Mohrlex. Au plafond, quatre gouttières connectées sous les bassins de l’étage supérieur amenaient goutte à goutte le liquide sacré vers une sphère d’énergie multicolore qui grossissait peu à peu.

Se doutant de ce qui se passait, les compagnons provoquèrent le clone de Mohrlex jusqu’à ce qu’il avoue être l’émissaire de Caiphon. Se prenant pour l’égal des dieux vus les êtres qu’il avait déjà réussi à créer, il ordonna à ses monstres de passer à l’attaque. Face à autant d’opposants, les compagnons ne purent plus empêcher tout le monde d’agir mais, se prenant aux ennemis un par un, ils réussirent à se rendre à Caiphon et à en venir à bout.

Après avoir réalisé le rituel pour bannir Caiphon vers les étoiles à nouveau, le groupe retourna au premier sous-sol, où Mohrlex commençait à se réveiller. Humilié d’avoir été vaincu par cinq petits humanoïdes et frustré d’avoir à recommencer son rituel, il retint néanmoins sa colère, la chose à faire pour un être bon, et accepta les excuses des compagnons. Morhlex accepta même de prêter quelques objets magiques parmi les plus puissants qu’il possédait et de se rendre à Teyr avec eux pour prendre part à la coalition montée par Kang dans le but de venir à bout d’Allabar.

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Préparatifs extraordinaires

Alors que les compagnons se préparaient à aller confronter le dragon noir Mohrlex sur son territoire, Azzit reçu à Robann une convocation du ministre de l’information Granak Rouge-Argent l’invitant à se rendre à Teyr avec tous ses compagnons le plus tôt possible. Se doutant que le ministre pourrait être utile dans la planification en cours, le groupe s’y rendit le lendemain.

Une fois rendus au rendez-vous, les compagnons réalisèrent qu’ils avaient été invités à une rencontre au sommet comportant plusieurs des acteurs civils et militaires les plus importants de Teyr, dont le gouverneur Kang, le général Slith, Thesik et plusieurs autres.

Kang et ses plus proches collaborateurs avaient passé les dernières semaines à réfléchir à la façon de détruire la sphère de roche d’un kilomètre de large qu’on nommait Allabar. Selon les paroles de la liche Thulzar, Allabar était à la fois un astre céleste et son propre avatar, ce qui faisait qu’il pouvait facilement détruire ou dévorer tout ce qui s’approchait de lui. Le problème premier restait tout de fois de parvenir à se rendre jusqu’à Allabar. Selon les recherches les plus poussées des sages de Palanthas et des gnomes de Sancrist, il ne reste plus d’air passé une certaine altitude, empêchant quiconque de survivre jusque là.

C’est là que Kang révéla la carte maîtresse sur laquelle il travaillait depuis des années. La forteresse du Château Aerie, au poinr de rencontre du flanc est des Monts Astivar et de la Route d’Haeckel serait en fait une ancienne forteresse volante que les ingénieurs et arcanistes de Teyr s’affairaient à remettre en usage. Si Alexias fit écho aux préoccupations du gouverneur en suspectant que le simple fait de faire voler un tel engin de guerre pourrait suffire à faire liguer plusieurs nations contre Teyr, il n’en restait pas moins qu’une forteresse hermétique équipée de canons magiques et alchimiques pourrait permettre à un équipage de s’attaquer réellement à Allabar. Le plan était embryonnaire. mais tout le monde s’accorda pour dire qu’il s’agissait de la meilleure option jusqu’à présent.

Idéalement, il faudrait plusieurs de ces forteresses, peut-être même une pour chacun des des cinq compagnons ayant combattu les aberrations célestes toutes ces années, mais chacun de ces vaisseaux nécessitait un mage et un prêtre puissants se concentrant sans relâche simplement pour faire se déplacer l’engin. Si le nombre de candidats potentiels était déjà relativement limité, les choses se gâchaient lorsqu’on considérait ceux qui accepteraient de se porter volontaire pour une mission avec une forte probabilité de non-retour, ou bien qu’on pouvait se permettre de porter volontaire. Kang s’excusa presque de ne pas être qualifié dû à son titre de gouverneur de Teyr.

Il fallait aussi débloquer les ressources et la main-d’œuvre nécessaires pour fabriquer autant d’ouvrage colossaux en seulement une année. Là, Teyr ne suffirait clairement pas. Heureusement, les récents développements du côté de l’empereur Jaymes Markham ouvraient la porte à une entente avec la Solamnie et peut-être même d’autres nations. Cabiyari suggéra de faire appel aux nains de Thorbardin et Thoradin, eux qui sont spécialistes en fabrication de golems, pour aider à la construction des forteresses. Même la participation de gnomes ne fut pas exclue d’emblée.

Kelsea et Arkos suggérèrent de leur côté de passer par un autre plan pour réapparaître aux côtés d’Allabar dans le but d’empêcher qu’il ne voie venir les vaisseaux plusieurs minutes à l’avance. Si on se perdait en conjecture sur comment réussir à faire passer un immeuble de plusieurs étages d’un plan à un autre, la suggestion fut quand même appréciée.

Kang affirma qu’il se chargeait personnellement de rassembler une coalition de nations et d’organisations dans le but d’arriver à la destruction définitive d’Allabar dans un délai de moins d’un an. Dans l’immédiat, les compagnons étaient cependant chargé de retrouver et d’éliminer l’émissaire de Caiphon, qui ferait sûrement tout en son pouvoir pour mettre en échec une telle entreprise. La guerre contre les cieux était loin d’être gagnée, mais un plan clair commençait à se dessiner.

Slith profita en outre le l’occasion pour promouvoir Azzit au rang de colonel de l’armée de Teyr. Le titre était essentiellement honorifique, l’officier n’ayant aucun soldat directement sous ses ordres, mais il lui donnait tout de même l’autorité sur tout officier de l’armée de Teyr de grade inférieur.

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Mutations extrêmes
Où on visite le royaume des animaux

Quelques semaines après avoir vaincu les serpents de Nihal et libéré les gens que l’aberration avait pris en otage, les aventuriers de Robann étaient toujours sans nouvelles de l’émissaire de Caiphon. Celui-ci était la dernière des six aberrations célestes tombées sur Krynn trois ans auparavant et le fait qu’il soit responsable de la transformation en monstres de plusieurs amis de Kelsea et d’Arkos, ainsi que des parents de ce dernier, donnait une raison supplémentaire aux compagnons de vouloir s’en débarrasser.

Il restait encore un peu plus d’un an avant qu’Allabar ne puisse ramener à la vie tous les monstres stellaires éliminés jusqu’à maintenant. Le plan idéal restait toujours de détruire Allabar d’ici là ou du moins de le mettre hors d’état d’agir, mais la menace de Caiphon se faisait beaucoup plus pressante.

Sans la moindre piste malgré plusieurs semaines de recherche et de réflexion, le groupe décida de se tourner vers la seule personne connue comme ayant directement rencontré l’émissaire de Caiphon, soit le demi-diable Menelechtaros. Il avait été vu pour la dernière fois dans les ruines du Château du Mur de glace, où il se servait de ses pouvoirs diaboliques et des enseignements reçus de Caiphon pour augmenter la force, la taille et l’intelligence de loups antarctiques Ses loups menaçant sérieusement la sécurité des barbares du peuple des glaces et le cambion manifestant un inquiétant désir de conquête, on l’avait alors convaincu de quitter la région pour s’installer dans un endroit encore plus isolé.

Une divination effectuée à partir du val caché des dieux quelques mois plus tôt avait révélé que Menelechtaros avait recommencé le même manège dans un marais, cette fois avec des reptiles géants plutôt qu’avec des loups. La piste était mince et, même si Cabiyari était parvenu à limiter les régions potentielles au sud d’Estwilde et au marais de l’ancien seigneur draconique Onysablet, la zone restante faisait encore plus du double d’une nation moyenne. Une rituel réalisé par Alexias confirma que le cambion était toujours en vie et quelque part sur Krynn, mais Menelechtaros avait fait savoir clairement qu’il n’était pas disposé à être dérangé ou à rencontrer qui que ce soit pour le moment.

Alexias fit donc jouer ses contacts au sein des chevaliers de la Légion d’Acier et Azzit fit la même chose auprès des services de renseignement de Teyr. Des rumeurs de lézards énormes capables de cracher le feu dans l’est du marais d’Onysablet permirent de circonscrire davantage la zone de recherche. Pour pousser plus loin, il fut décidé que le groupe se rende directement à Mem-Ban, ancienne ville commerciale sur la route entre Silvanesti et les Plaines de poussière et aujourd’hui une base d’opération de la Légion d’Acier dans le sud-est d’Ansalon.

Avant de partir, Azzit fit cependant un détour jusqu’à la Tour de Haute sorcellerie où il rencontra Dalamar le sombre pour lui demander s’il n’y aurait pas un moyen de reconnaître les aberrations cachées sous d’autres apparences. Le mage noir lui donna un cristal qui, fixé à une arme permet de détecter la présence d’aberrations dans les environs immédiats. Après examen par Alexias, on se rendit compte que le cristal permettait aussi à Dalamar de suivre à la trace celui qui s’en servait, mais on jugea que le besoin de retrouver Caiphon était trop grand pour se passer de l’outil à cause de cela.

Une fois à Mem-Ban, le groupe fit route vers le nord en tentant de trouver de signes de faune modifiée par la magie de Menelechtaros. Arkos guidait le groupe à travers les dangers naturels de l’endroit tandis que Kelsea utilisait sa carte enchantée pour identifier les ruines et les villages où le cambion pourrait s’être réfugié. Finalement, c’est près du Fleuve Thon-Talas qu’on trouva les premiers indices tangibles.

Les pentes des montagnes où le fleuve prenait naissance étaient recouvertes d’une épaisse couche de neige. Bien qu’on soit l’hiver et relativement près du pôle, une telle quantité semblait plutôt anormale. La confirmation que quelque chose de louche se tramait vint quand Arkos découvrit des traces de pas semblables à celles de reptiles géants, mais profondes comme si la bête qui les avait faites était deux fois plus lourde que la normale et que ses pieds avaient été suffisamment chauds pour avoir fait fondre la neige.

Ces traces permirent ainsi au groupe de remonter jusqu’à une ancienne ruine dont l’entrée était gardée par une meute de loups polaires comme on n’en retrouve que dans la région du Mur de glace. Plus gros que la normale, les membres de la meute semblaient toutefois particulièrement mal nourris, tous sauf le couple d’alphas étant maigres au point de montrer les côtes. Plus étonnamment encore, les loups semblaient discuter entre eux dans une langue qui leur était propre. Grâce à la gemme qu’il avait ramené du plan astral, Azzit était toutefois capable de les comprendre et de leur répondre. Après quelques menaces, les loups semblaient prêts à laisser passer le groupe d’intrus, mais le chef de meute les voyait clairement davantage comme une source de nourriture. Il tenta même de négocier avec Azzit pour qu’on laisse Jolt en pâture aux loups.

Obéissant à leur chef, les autres loups passèrent à l’attaque. Déjà affaiblis et réticents à se battre, ils tombèrent cependant assez facilement. Seul l’alpha se montra vraiment coriace, l’aura de froid intense qui l’entourait blessant sans cesse ceux qui l’entouraient et allant même jusqu’à geler Azzit sur place le temps de quelques secondes. Le loup monstrueux tomba quand même lui aussi sous les armes des compagnons, laissant le champ libre vers l’intérieur des ruines.

Si les pentes à l’extérieur étaient recouvertes d’une épaisse couche de neige, les ruines dans la montagne étaient caractérisées par une chaleur étouffante. Au lieu de loups, on y trouva une multitude de lézards et autres reptiles qui se prélassaient sur les pierres chaudes. Comme pour les loups, ces bêtes avaient un regard suggérant une forte intelligence et murmuraient entre eux des phrases dont Azzit comprenait parfois un mot ou deux.

Frayant leur chemin à travers les reptiles, les compagnons arrivèrent bientôt à une fortification en ruines au fond de laquelle ils virent le cambion Menelechtaros. Il était entouré de trois reptiles comme on en avait déjà vu dans le Grand Marais de Mohrlex, mais ceux-ci étaient nettement plus gros et plus bâtis.

Apparemment dérangé dans ses occupations, le cambion demanda aux aventuriers de quitter les lieux, promettant de les contacter dans un futur proche. Plus tendu que la dernière fois, il insinua à plusieurs reprises qu’il était près à demander à ses sujets de passer à l’attaque. La situation s’envenima encore davantage quand Kelsea l’informa accidentellement que le chef de la meute de loups polaires avait péri sous leurs armes.

Arkos ne remarqua pas de traces physiques d’une possession par une quelconque aberration et Cabiyari ne décela pas non plus d’indices d’un contrôle mental. Azzit réussit éventuellement à s’approcher suffisamment près pour conclure que la pierre donnée par Dalamar ne réagissait pas en la présence de Menelechtaros ou de ses créatures. Une conversation tendue indiqua que les seuls ennemis actuels de la faction de Menelechtaros étaient les ogres du sud de Blöde, mais qu’il était prêt à combattre quiconque viendrait s’attaquer à lui, ce qui n’était qu’à moitié rassurant.

On put quand même obtenir ce qu’on était venus chercher : des informations au sujet de l’émissaire de Caiphon. Quand Menelechtaros l’avait rencontré au Château du Mur de glace, il avait l’apparence d’un vieil humain en robes de laine gris foncé s’appuyant sur un bâton plaqué or. Cela ressemblait étrangement à la description de l’homme vu volant vers l’ouest sur une wiverne alors qu’on avait tenté de faire une divination sur Mohrlex à partir du val des dieux. Il avait été revu dans une autre divination en compagnie de Thaddeus, le marchand de composantes arcanes de Zaradene, puis vraisemblablement rencontré dans les sous-sols de l’ancienne demeure de Christina par Anaximène.

Le groupe de compagnons s’apprêtait à quitter les ruines dans les montagnes quand un essaim de créatures aux allures d’insectes géants plongea droit sur eux. Leur chitine était dure comme une armure d’acier et leurs pattes antérieures tranchantes comme des lames. Usant de toute la stratégie dont ils disposaient, les compagnons redirigèrent les attaques des aberrations contre elles-mêmes et sortirent du combat sans trop de blessures graves. Un examen rapide confirma qu’il s’agissait là d’humanoïdes modifiés par une puissante magie, probablement celle de Caiphon. Il était cependant impossible de savoir qui de Menelechtaros ou des compagnons devait être la cible de l’assaut. Même le fait d’avoir gardé un assassin en vie n’aurait sans doute pas fait de différence puisque les créatures semblaient dépourvues de bouches et d’oreilles.

Dans les semaines suivantes, on se rendit donc au Château du Mur de glace. Tout y était identique à ce qu’on y avait vu la dernière fois, deux ans plus tôt, à l’exception de la fontaine de guérison sacrée d’Habbakuk, qui était maintenant à sec. Une autre visite, dans la ville de Zaradene cette fois, permit de retrouver une seconde fontaine semblable, elle aussi complètement à sec. Les compagnons ne connaissaient qu’une seule autre fontaine de guérison bénie par Habbakuk, celle-là se trouvant dans le grand amphithéâtre de Mohrlextlan, château-fort du grand seigneur dragon noir. On songea à aller investiguer de ce côté aussi, mais des rumeurs voulant que Mohrlex soit revenu chez lui après un long voyage firent en sorte qu’on mit ce projet en veilleuse.

Tout pointait donc dans la direction de Mohrlex et on se mit à craindre fortement qu’Il ne soit possédé par Caiphon. Des aberrations venues du ciel avaient déjà tenté de faire de même, sans succès, avant que les six grand monstres ne soient envoyés sur Krynn. Cependant, selon les calculs d’Anaximène, en tant que seule aberration restante sur la planète, la puissance de Caiphon devrait s’en trouver redoublée, faisant de lui essentiellement l’égal de l’avatar d’un dieu.

Avant d’aller confronter le dragon le plus puissant restant sur Krynn, il allait falloir élaborer un plan et mobiliser les alliés et les ressources dont on disposait. Le temps était peut-être compté, mais on ne pouvait pas se permettre de passer à l’étape suivante sans une préparation presque sans faille.

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Et tous contre un...
Où le sous-titre est plutôt prévisible

Sur le coup du signal télépathique, les cinq compagnons avaient activé simultanément leurs focus pour le rituel d’ubiquité. Chacun d’entre eux se retrouva entouré de ses quatre alliés, de sorte que chacun des compagnons soit présent simultanément en cinq points de l’espace.

Les cinq clones d’une même personne partageaient énergie et ressources, mais n’avaient autrement aucun moyen de communiquer entre eux. Seuls les cinq aventuriers originaux étaient encore reliés par le rituel de télépathie d’Alexias.

L’Azzit original indiqua rapidement comment se déroulait le combat avec l’équipage de minotaures du Nécrophore. Depuis la vision de la veille, les parents d’Arkos avaient encore pris du volume, ce qui s’expliquait probablement par le fait qu’il ne restait plus que trois de la dizaine de marins minotaures présents la veille et qu’autant de crânes avaient été ajoutés à la pyramide que l’officier draconien venait de détruire. Luttant contre les contre les montagnes de muscle que Gallder et Lana de-Braca étaient devenus tout en évitant les coups de harpons des trois marins et les attaques opportunistes des raies volantes de la Mer d’Istar, le groupe parvint à neutraliser les cinq derniers minotaures. À la chute de chaque marin possédé, un grand serpent volant transparent était libéré, qui semblaient être des parties de l’avatar de Nihal. Se téléportant à gauche et à droite et résistant à tout sauf les attaques les plus fortes, ils furent néanmoins éliminés.

Au même moment, Alexias se posait avec l’aide de Pégase sur le pont du Mistral parti à la dérive. Les corps des quelques marins encore en vie la veille étaient éparpillés un peu partout. La bisbille semblait avoir éclaté entre Eldred Steelbrim, maintenant encore plus insectoïde, et Martine Laschaar, épaulée par un Samm Vardan géant à six bras. Dans l’eau, de part et d’autre du bateau, les elfes Marianna etMerianna observaient, recouvertes d’algues et de tentacules. Ne souhaitant pas qu’un de leurs anciens alliés en tue un autre et ne pouvant délayer l’activation du rituel, Alexias conjura les clones de ses alliés pour mettre hors d’état de nuire les monstres qu’étaient devenus leurs amis. Eldred faillit bien se noyer en tombant sans connaissance au-dessus de l’eau, mais Azzit plongea pour l’en sortir. Encore une fois, à chaque possédé assommé, un gros serpent translucide était libéré, mais tous furent également abattus.

Toujours au même moment, Arkos avait activé son focus dans les bois où se trouvaient les Lor-Tais de la tribu de Cabiyari. Yucuna et ses enfants semblaient indemnes physiquement, mais le reste de la tribu, le chef Borom en tête, avaient le teint gris, des poils abondant et une mâchoire proéminente, entre autres choses. Pendant le combat qui s’ensuivit, Borom agita son bâton sur lequel était piqué la tête réduite du chamane Arawan, mentor de Cabiyari. L’esprit d’Arawan apparut pour s’en prendre à son ancien apprenti. Les Lor-Tais semblaient croire que c’était les autres qui étaient possédés par des aberrations et ils n’hésitaient pas à les frapper violemment, soi-disant pour les guérir. Azzit cracha des flammes dans le tas pour faire tomber la majorité des guerrier tandis qu’Arkos et Kelsea, à leur grand regret, s’en prenaient aux enfants., Cabiyari finit par faire tomber sa femme, son chef et son mentor pour, encore, forcer le groupe à éliminer les grands vers invisibles. Après la bagarre, Cabiyari ramassa la tête d’Arawan. Non sans l’insulter, son esprit lui promit de l’aider dans sa quête.

Simultanément, le Cabiyari original sortait des sous-sols étranges du Château Aerie. Repéré à temps par Valantinius et Lyastra, ceux-ci bloquèrent la porte d’entrée du château pour protéger Mya, Valya et Jenn, qui jouaient jusque-là dans la cour. Valentinius tenta de convaincre Alexias que Kang et les draconiens se servaient des habitants de Robann et de Krolan, leur affirmant même que Kang avait l’intention de transformer le château en forteresse volante. Les compagnons avaient cependant appris à faire confiance aux idées du gouverneur et, sachant la famille d’Alexias possédée, ils foncèrent dans le tas. Pendant que ses compagnons se concentraient sur l’ancien Chevalier de l’épine, Cabiyari empala Lyastra contre un mur et coinça les trois autres dans une zone de vignes, ce qui permit à Kelsea de passer au corps à corps avec sa sœur. C’est Alexias qui cette fois dut assumer la lourde tâche d’assommer ses demi-sœurs, libérant plus de vers éthérés, qui furent eux aussi éliminés.

En même temps, Kelsea conjurait ses alliés au rez-de-chaussée de la tour de garde au sud-ouest de Robann. Le commandant Chaghra maudit les compagnons les uns après les autres, les recouvrant de puissantes flammes noires mais, sous la direction d’Azzit, chacun parvenait à les éteindre en quelques instants, parfois avant même qu’elles n’aient eu le temps de brûler la peau de leurs victimes. Cinq vers transparents furent là encore libérés et s’attaquèrent aux compagnons mal en point, mais il fallut moins d’une minute pour s’en débarrasser.

Une fois les ennemis hors d’état de nuire, les cinq compagnons stoppèrent rapidement le rituel d’ubiquité. Chacun se retrouva alors seul, là où il avait convoqué les clones de ses alliés, face à une poignée d’anciens alliés inconscients et autant de serpents translucides. Dans la série de combats simultanés, chacun des protagonistes avait perdu près de quatre années de vie.

Toujours en contact télépathique, les héros discutèrent de ce qui devait être fait ensuite. Les alliés qu’ils venaient de combattre semblaient avoir retrouvé leurs esprits, même si ceux qui avaient été déformé par les aberrations célestes ne montraient pas le moindre signe de reprendre leur forme normale. Alexias demanda qu’on rapporte tous les serpents de Nihal à Robann pour qu’on y essaye de les bannir. Étonnamment, dès que deux des créatures entraient en contact, elles fusionnaient pour n’en former qu’une seule. Plusieurs heures plus tard, ce sont cinq vers transparents qui furent ramenés à Robann, là où ils fusionnèrent à nouveau en un seul et où Alexias et ses compagnons répétèrent le long rituel permettant de renvoyer les aberrations vers le cosmos.

Le plan de Nihal et Caiphon pour empêcher les héros de Robann d’agir contre eux avait échoué. L’échec était d’autant plus lamentable qu’il ne restait plus que Caiphon parmi les aberrations envoyées sur Krynn par Allabar. Par contre, personne n’avait la moindre idée d’où ce monstre pouvait se trouver à présent. Sans qu’il n’y ait urgence, il fallait tout de même se dépêcher de s’en débarrasser. Après tout, dans moins d’un an et demi, Allabar ramènerait toutes les aberrations bannies par le groupe de Robann. Et à en croire les révélations de Tomas Bombyx, la planète naine profiterait de l’occasion pour envoyer plus que les six aberrations qui maltraitaient les habitants d’Ansalon depuis quelques années.

Alors que tout le monde se préparait à aller se coucher après une journée plus qu’épuisante, Alexias et Azzit furent visités par le fantôme de Solostaran Kanan, l’ancien orateur du Soleil de Qualinesti. S’adressant aux deux guerriers d’un ton un peu condescendant mais tout de même empreint de respect, il affirma qu’ils avaient entre leurs mains l’épée de son fils aîné Porthios, l’armure de son fils cadet Gilthanas et la cape de sa fille Laurana. Reconnaissant qu’ils s’en étaient montré dignes jusqu’ici, Solostaran les exhorta à continuer de lutter honorablement contre les aberrations célestes tout comme ses enfants l’auraient fait.

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Un pour tous...
Où on planifie toute une expédiion de sauvetage

De retour à Robann, les compagnons réalisèrent que tous les membres de leurs familles et leurs amis proches avaient quitté la ville en même temps. Bien qu’aucune de ces absences ne soit suspecte en elle-même, le fait qu’elles surviennent toutes en même temps était plus que louche.

Les compagnons étant trop mal en point après leur combat contre Ulban, ils décidèrent toutefois de s’accorder une journée de repos avant de partir aux trousses de Jenn Eigersonn et Tomas Bombyx, partis avertir la Tour de haute sorcellerie.

Le lendemain, Laurel Unfettered réveilla les compagnons avant l’aube pour leur annoncer qu’un cavalier les attendait devant les écuries de l’auberge. Après s’être habillés en maugréant, les aventuriers descendirent pour tomber nez à nez avec Anaximène, debout devant son cheval qui portait le corps inconscient et ligoté de Tomas Bombyx, couvert d’ecchymoses et avec quelques dents et épis de cheveux en moins.

Au cours de l’année et demie pendant laquelle les compagnons étaient partis s’entraîner sur le plan des dieux, le guerrier du passé n’avait pas chômé. Récemment, il s’était rendu jusqu’à Zaradene pour y récupérer des livres de rituels que son ordre avait scellé il y a de cela plusieurs siècle. Dans la voûte, il avait croisé ce qui semblait être l’alter ego humain du dragon Mohrlex. Ce dernier avait déjà fouillé la place et s’en était allé en ignorant Axaximène, qui n’aurait rien pu faire pour stopper le puissant dragon de toute façon.

Juste avant de revenir à Robann, Aximène avait croisé Jenn et Tomas marchant vers l’ouest. Dès qu’ils l’aperçurent, les deux mages commencèrent à lui tirer dessus, Tomas s’approchant à quelques pas devant et Jenn restant loin derrière. Anaximène croyait son heure venue, mais il réussit tout de même à assommer Tomas du plat de sa lame. Relevant les yeux, il vit que Jenn avait profité de l’occasion pour déguerpir.

Après avoir entendu cette histoire, les compagnons décidèrent d’aller interroger Tomas dans les cellules vides de la prison de Robann. Le mage aveugle expliqua qu’il avait été torturé par les aberrations de Nihal pour qu’il apprenne par cœur un message. Les amis et alliés des compagnons de Robann étaient gardés en plusieurs groupes. Si jamais un d’eux venait à être attaqué, un ordre télépathique serait envoyé à tous les autres pour exécuter le reste des otages. Si par contre les compagnons se tenaient hors du chemin de Nihal et Caiphon pour les prochain mois, leurs proches seraient renvoyés à Robann sains et saufs.

Dès son explication terminée, Tomas charma Kelsea discrèetement et la força à planter sa dague dans le bras de Cabiyari. Tandis que les cinq compagnons commençaient à se battre les uns contre les autres, Tomas se débarrassa instantanément de ses liens et se mit à bombarder les autres de rayons de flammes. Il fut rapidement assommé et une espèce de long serpent transparent se détacha de son dos pour attaquer à son tour. Convaincu qu’il s’agissait là de la manifestation du grand ver invisible contre lequel son mentor Arawan l’avait prévenu, Cabiyari concentra toutes ses énergies primales et déchira le serpent d’un coup de griffes.

Refusant de faire confiance à des aberrations, mais n’étant évidemment pas prêts à sacrifier les trois-quarts des membres de leurs familles, les compagnons avaient besoin d’un plan. Un espoir apparut sous la forme d’un rituel interdit créé jadis par un membre de l’ordre dont avait fait partie Anaximène. Le rituel en question, difficile d’abord, mais à la portée d’Alexias, permettait à un individu de se trouver à deux endroit en même temps. Le faible coût en matériaux était cependant compensé par le fait que chaque minute passée dans un état de dédoublement résulterait en la perte d’une année de vie. Chacun étant prêt à sacrifier quelques années pour sauver ses proches, il ne restait plus qu’à trouver le moyen de frapper simultanément tous les lieux où se trouvaient les amis des compagnons.

Encore une fois, la solution se trouvait dans les rituels ramenés par Anaximène. Un autre rituel, plus complexe, mais moins exigeant en terme de ressources, permettait d’épier une créature connus n’importe où dans le monde. Alexias passa une journée à étudier les pages du grimoire, mais quelques éléments lui échappaient encore. Il fallait donc trouver un mage encore plus expérimenté.

Le groupe se téléporta à Palanthas, où Kelsea s’empressa d’aller empocher le trésor qui lui avait été promis par l’empereur Jaymes Markham, et fit marche vers la Tour du haut-clériste. Une fois à destination, le groupe fut déçu d’apprendre que la haute-clériste Leona Truly n’était pas encore revenue de l’expédition militaire avortée au nord de Teyr. Le groupe redescendit donc jusqu’à Palanthas où la chance leur sourit enfin puisqu’ils eurent la chance d’y croiser maîtresse Jenna, chef de l’Ordre de haute sorcellerie.

Après avoir pris le temps d’apprendre le rituel de divination, ce dernier étant selon elle plus puissant que ceux qu’elle connaissait déjà, Jenna emprunta la boule de cristal de Cabiyari et commença ses observations.

Yucuna, ses enfants et les guerriers Lor-Taïs qui étaient venus prêter main forte à Robann pendant la crise avec Neraka avaient déjà traversé les Monts Astivars et se trouvaient maintenant dans la portion de la route d’Haekel traversant le Bois de Lahue. Le petit groupe avait été rejoint par Borom, chef de la tribu de Yucuna et Cabiyari. Borom avait avec lui son bâton cérémonial habituel, mais celui-ci était maintenant surmonté de la tête exhumée d’Arawan, l’ancien mentor de Cabiyari. Des traces de combat indiquaient que le groupe de Yucuna s’était battu en chemin contre des cannibales lahutiens. Plus inquiétant encore, nombre de guerriers semblaient avoir le teint grisâtre, des canines proéminentes et une démarche presque bestiale.

La seconde vision montra une Jenn aux cheveux clairs et au teint verdâtre dévalant une pente gazonnée vers la forteresse Aerie, à la rencontre du flanc est des Monts Astivar et de la route d’Haekel. Tout autour d’elle, l’herbe poussait en se tortillant, piégeant les petits animaux ayant le malheur de se trouver là. Jenn fonçait vers un petit groupe composé de Lyastra, la mère d’Alexias, de son mari et de leurs deux filles. Même si Valantinius était le seul combattant du groupe, tous étaient armés, et toutes les armes, même celle de la jeune Mya, étaient maculées de sang.

On passa ensuite au commandant Chaghra. Accompagné de deux autres baaz et de deux sivaks, il était en train de prendre possession de la tour de guet construite deux ans plus tôt le long de la frontière avec Neraka. Des armes et des morceaux d’armure gisant sur le sol mêlés à de la poudre de pierre laissaient présager que plusieurs draconiens avaient récemment perdu la vie sur les lieux.

Une divination sur le père d’Arkos montra le Nécrophore échoué sur la plage d’une toute petite île. L’équipage de minotaures était rassemblé autour de deux feux de camp. Aucun des marins humains de l’équipage n’était en vue, mais un coup d’œil plus poussé sur la scène permis à Arkos de constater que la viande en train de rôtir était bel et bien de l’humain et qu’une pyramide de crâne était empilée près d’un rocher. Arkos ne pouvait pas ignorer non plus que son père comme sa mère semblaient plus grand et musclés, voire plus bestiaux qu’à l’habitude. Le seul indice de l’emplacement exact de l’île était la présence de grandes raies rouges dans les eaux environnantes, bêtes que l’on ne trouve que dans le nord de la Mer d’Istar.

Redoutant ce qu’ils allaient voir dans la dernière vision, Kelsea et Arkos demandèrent néanmoins une divination sur la capitaine Martine Laschaar. Cette fois, les images étaient plus que révoltantes. Si Arkos fut en mesure d’identifier l’emplacement du Mistral, les membres d’équipage survivants étaient tous plus difformes les uns que les autres. La capitaine elle-même, doublée en taille, semblait vieille et ridée avec des yeux rouges sans pupilles apparentes. Samm Vardan était devenu plus grand encore, et portait maintenant quatre cimeterres à la ceinture, nombre approprié puisqu’il avait maintenant autant de bras. Quant à Eldred Steelbrim, elle était presque méconnaissable, transformée en créature mi-naine mi-insecte voletant autour des mats aux voiles déchirées. Beaucoup des marins étaient morts et démembrés sur le pont tandis que les autres continuaient à vaquer à leurs occupation sans sembler préoccuper par le sort de leurs collègues. De part et d’autre du navire, deux grandes créatures humanoïdes formées d’algues et de varech attrapaient méduses et poissons dans leurs tentacules avant de les dévorer. Cabiyari remarqua à son grand effroi que c’était ce qui restait des elfes marines Marianna et Merianna.

Forts de ces visions peu encourageantes, le groupe se servit encore de la magie d’Alexias pour revenir à Robann, non sans avoir longuement discuté de la possibilité de montrer le rituel d’ubiquité à Jenna. En fin de compte, il fut décidé qu’on ne pouvait pas prendre la chance que quelqu’un comme Dalamar tombe sur un tel pouvoir et qu’il valait donc mieux tenir sa collègue dans l’ignorance.

Après quelques derniers préparatifs, Alexias enchanta les armes de chacun des membres de son groupe afin qu’ils servent de points d’ancrage pour le rituel d’ubiquité. Après un rituel de vol et un autre de télépathie à longue portée, les membres du groupe s’envolèrent chacun de son côté pour retrouver leurs anciens alliés.

Arkos plongea dans le Bois de Lahue, suivant à l’odeur de viande grillée autant qu’à la trace la famille de Cabiyari et les autres Lor-Taï. Cabiyari se rendit rapidement aux ruines du château Aerie, où il passa par les profondes douves pour arriver dans la cour intérieure sans être vue par Jenn et la famille d’Alexias. Kelsea, elle, se faufila dans la tour de garde bâtie le long de la frontière sud de Teyr. Des draconiens amenés là par Chaghra, il n’en restait que cinq, que Kelsea s’empêcha d’attirer dans un guet-apens au rez-de-chaussée. Sur le dos de Pégase, Alexias retrouva l’emplacement du Mistral et de son équipage transformé. Toujours au même moment, après un marathon de vol, Azzit arrivait en vue de l’île où s’était échoué le Nécrophore et plongea tout droit sur la pyramide de crânes humains qui avait encore grandi.

Se donnant le signal télépathique, tout le monde activa sa part du rituel d’ubiquité, prêt à se battre sur tous les fronts, tous ensemble, tous en même temps.

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Cessez-le-feu
Où on gagne une guerre avant même qu'elle ne débute

Alors que nombre de cavaliers solamniques courraient à leur perte en tentent de d’empêcher le rejeton d’Ulban de s’échapper, les compagnons de Robann restaient à l’écart pendant que Leona Truly et quelques autres prêtres de Kiri-Jolith, Habakkuk et Shinare imploraient les dieux de panser leurs blessures. Après cinq longues minutes qui parurent durer une éternité, la Haute clériste les laissa enfin charger le monstre qui les narguait depuis tant d’années.

Rapidement, la créature avait réussi à s’entourer d’une montagne de chevaux et de cavaliers morts. Si certains montraient des marques de brûlure ou de tentacule, la plupart étaient tombés sous les coups d’épée de leurs camarades hypnotisés.

Voyant les cinq compagnons arriver à la charge, Ulban utilisa une bonne partie de ses pouvoirs pour donner vie aux éléments autour de lui, éveillant un énorme élémentaire de flammes et un autre de boue, et pour créer un monstre grotesque, digne des pires cauchemars, à partir de la carcasse encore chaude d’un cavalier et de sa monture.

Ulban tenta une fois de plus de s’enfuir, mais fut immobilisé avant qu’il n’ait pu faire plus que quelques pas. Il se trouva par contre particulièrement difficile à toucher dû à sa capacité de dominer ceux qui s’approchaient de lui. Sa création cauchemardesque avait elle aussi l’habilité de contrôler les esprits. Pour compliquer les choses, la pierre magique d’Azzit commença à remuer au beau milieu du combat, libérant quelques instants plus tard Shuluth, la liche dévoreuse de cerveau. Comme si ce n’était pas déjà assez, elle était elle aussi en mesure de posséder les gens.

Ulban prenait un malin plaisir à voir ses adversaires s’attaquer les uns les autres, bien qu’Azzit réussisse à les ramener à la réalité presqu’au même rythme. Pendant un bref instant où il était parvenu à faire de Kelsea sa marionnette, Ulban envoya l’assassine planter sa dague dans la gorge d’Azzit. Le draconien s’effondra dans une mare de sang, à l’article de la mort. Cabiyari prit une pause de combat le temps d’aller sauver son allié pendant qu’Arkos et Alexias alternaient entre des attaques puissantes portées contre Shuluth et Ulban et d’autres coups donnés l’un contre l’autre. Le légionnaire d’Acier trancha finalement l’aberration céleste d’un coup de lame elfique pendant que Shuluth tentait d’extirper le cerveau du minotaure de sa boîte crânienne. Avant même que ses alliés n’arrivent à la rescousse, Arkos avait réussi à se déprendre et à fracasser le crâne de la liche qui, selon les dires des dieux, ne réintégrerait plus jamais sa phylactère.

Même coupé en deux, le rejeton d’Ulban continuait à se tortiller et à murmurer. Malgré les circonstances, son ton de voix résonnait d’espoir. Depuis des mois, Ulban travaillait de concert avec les manifestations de Caiphon et Nihal. En ayant retenu les compagnons en Nordmaar pendant les premiers jours suivant la nuit de l’œil, il s’était assuré qu’ils ne soient pas ailleurs. En se faisant bannir vers les cieux, il redistribuait sa puissance aux deux aberrations restantes. Et quoi qu’Il arrive, Allabar le ramènerait sans problème sur Krynn dans un an et demi.

Malgré les inquiétudes soulevées par les dernières paroles d’Ulban, une menace plus pressante pesait sur Teyr. Si la force de cavalerie et d’infanterie venant du nord avait été stoppée par ordre de l’empereur solamnique, au moins trois autres armées se dirigeaient vers Teyr et sa capitale avec pour objectif de frapper dans les prochaines heures. Recevant des ordres de cessez-le-feu de la main même de l’empereur Jaymes Markham, les compagnons de Robann partirent aussitôt pour les distribuer.

Grâce à un cercle magique conjuré par Alexias, ses amis Azzit, Arkos et Cabiyari s’en allèrent directement à Teyr. En l’absence du gouverneur Kang et du général Slith, le trio alla donner les nouvelles à Granak Rouge-Argent, ministre de l’information. Ce dernier avait déjà mobilisé la quasi-totalité des soldats de la ville pour se préparer à résister à une attaque imminente.

Pendant ce temps, Alexias et Kelsea, sur le dos de Pégase, se rendaient dans les Monts Astivar pour aller à la rencontre de la volée de dragons de bronze et d’argent menés par le chevalier de la rose Willelm uth Wyatt. Heureusement pour Teyr, Wyatt était déjà réticent à obéir aux ordres de l’empereur. Un ordre authentique et deux témoignages crédibles suffirent à le convaincre de rester percher en attente de l’éventuel déclenchement des hostilités. Si aucun combat n’était initié par d’autres groupes, les forces de Wilhelm n’attaqueraient pas.

Après avoir terminé sa tournée des installations défensives de la capitale, Azzit s’en alla à l’extérieur des murs pour rejoindre Cabiyari et Arkos aux abords du Grand Marais. Ces deux derniers avaient commencé à piéger le terrain pour ralentir les centaines de guerriers de Nordmaar qui s’en venaient dans l’espoir d’arriver en renfort à la cavalerie solamnique. Plus encore que les chevaliers, les barbares de Nordmaar vouaient une forte haine envers les draconiens datant de l’époque de la Guerre de la Lance. Néanmoins, les pièges et obstacles avaient déjà affaibli les guerriers et, lorsqu’Azzit les mit au défi de venir se battre en combat singulier avec lui, personne n’osa s’avancer. Face à l’inévitable défaite qui les attendait, les deux cents barbares choisirent de faire demi-tour pour couper de nouveau à travers le marais de Mohrlex.

De leur côté, Alexias et Kelsea avaient bifurqué vers Robann et la baie du Miremier pour intercepter la marine de Solamnie en route vers la petite ville portuaire. Après le temps consacré à l’escale dans les montagnes à l’ouest, le port de Robann aurait déjà dû être pilonné par les canons de Solamnie. Quelque chose avait cependant dû les retarder car les mats des navires ne furent repérés que des dizaines de kilomètres plus lors vers le large. Arrivé plus près, le duo put voir que les voiles de plusieurs des vaisseaux étaient en train de fumer ou littéralement en feu.

De plus près encore, en avancement furtivement dans la mangrove, Kelsea put voir trois créatures rouge feu, soit Bazagra et ses acolytes, lancer une boule de feu après l’autre sur les gréements des navires. La moitié des marins étaient occupés à éteindre les incendies au fur et à mesure. Les soldats et chevaliers à bord tentaient tant bien que mal d’atteindre les génies à coup de flèches et de carreaux. Aidée de la magie arcane d’Alexias, la voleuse se faufila à bord pour empirer la situation en mettant littéralement le feu aux poudres, endommageant un à une les navires de la flotte.

Alors que les soldats cherchaient désespérément à comprendre ce qui se passait, l’un deux tira, peut-être par chance, une flèche directement dans la gorge d’un des alliés de Bazagra qui passait près de lui. La carcasse du génie tomba et le pont et se dissipa dans un épais nuage de fumée noire, laissant derrière elle une gemme rouge brillante. La ramassant rapidement, un marin avide souhaita à voix haute que la même chose arrive aux deux autres génies. La gemme se désintégra entre ses doigts mais, miraculeusement, des flèches vinrent abattre Bazagra et son dernier allié. Ce dernier tomba sur le même pont, alors que le chef du trio plongea dans l’eau de la baie.

Ramassée par un chevalier futé, la deuxième gemme lui permit de voir se réaliser son souhait que les navires se réparent par magie. Paniqué de voir les vaisseaux de guerre se remettre en route vers Robann, Alexias enfourcha Pégase et fonça vers l’endroit où le corps de Bazagra avait plongé sous les flots. Plongeant dans les vagues et nageant jusqu’au fond, il ramassa la gemme et remonta à la surface pour y souhaiter que tous les navires coulent au fond du Miremier. Dans les minutes qui suivirent, toutes les coques commencèrent à prendre l’eau. Les soldats et les marins durent abandonner leurs embarcations et se rendre sur la berge, où ils furent accueillis par une Kelsea bienveillante qui les redirigea bien volontiers vers le village gnome de Picketville.

Après s’être retrouvés à Teyr pour célébrer la fin d’une guerre qui n’avait jamais vraiment commencé, les cinq compagnons firent route vers Robann pour revoir leur famille et leurs amis. En vue de la petite ville, tous purent constater avec soulagement qu’elle avait été complètement épargnée par les événements des derniers jours. Une fois à l’intérieur, cependant, les compagnons se rendirent vite compte que quelque chose clochait. Tous les proches des compagnons avaient pour une raison ou une autre quitté la ville. Si l’explication pour chaque absence était crédible, le fait qu’une vingtaine d’amis ou de parents des cinq personnes venant de stopper une guerre entre Teyr et la Solamnie était plus que louche.

Questionnant tout le monde en ville et utilisant la magie d’Alexias pour contacter quelques-uns des disparus, n’eurent que des explications logiques. Le Nécrophore et le Mistral étaient restés coincés au large à cause d’une tempête. Yucuna avait repris la route vers le Qwalmish avec ses deux enfants. Tomas et Jenn étaient partis faire leur rapport à la Tour de Haute Sorcellerie. Et ainsi de suite. Les compagnons y voyaient toutefois l’œuvre des aberrations célestes et il ne s’écoulerait certainement pas longtemps avant qu’ils n’aillent investiguer la situation.

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